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En Seine-et-Marne, des militants pédagogues contre le gaz de schiste


Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne)

« Gaz et pétrole de schiste, ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui et ni demain » : telle était la devise des cinq cents personnes rassemblées à Tournan en Brie ce samedi 22 septembre, à l’occasion de la journée mondiale contre les gaz de schiste.

Venus des alentours de Paris, Lille ou Arras, citoyens, collectifs et élus ont dans un premier temps salué le rejet de sept permis d’exploration annoncé par François Hollande lors de la conférence environnementale. Au-delà de cette reconnaissance, tous ont néanmoins pris la parole pour exiger de plus amples engagements de la part du gouvernement : l’abrogation des permis d’exploration accordés en France jusqu’à ce jour (plus d’une soixantaine), ainsi qu’un moratoire sur les demandes futures. Ces deux mesures représentant une réponse directe aux pressions des industriels déjà présents sur certaines communes pour entamer des forages.

« Nous n’avons reçu aucune information et le maire reste injoignable à ce sujet » explique un habitant d’un village de Seine et Marne, découvrant il y a un an qu’une plateforme avait été installée sur sa commune pour un forage exploratoire. Les élus présents à Tournan éludent la question : le feu vert donné pour le début des explorations semble être systématiquement du ressort d’une autre autorité. Et chacun d’espérer que la future refonte du code minier viendra restaurer cohérence et démocratie…

Ce rassemblement et les trois autres manifestations ayant eu lieu le même jour dans le sud de la France, se déroulaient sous le mot d’ordre « no-fracking » (pas de fracturation), à grand renfort de panneaux explicatifs et de documentation sur les principaux risques liés à cette technique d’extraction : pollution des aquifères et utilisation massive des ressources en eau. Des menaces environnementales auxquelles les habitants de Seine et Marne, fréquemment soumis à des restrictions d’eau, sont particulièrement sensibles.

Mais les bénévoles présents sur les stands s’attachent également à souligner l’absurdité d’une nouvelle course aux ressources fossiles : « Le problème des hydrocarbures de schiste n’est pas seulement l’utilisation de la fracturation hydraulique, rappelle Hélène Gassin (conseillère régionale et vice-présidente de la région Ile-de-France). L’enjeu actuel est d’arriver à une meilleure maîtrise de notre consommation et de promouvoir le développement des énergies renouvelables. »

Hélène Gassin insiste sur la force de l’actuelle entente « apolitique et multiniveau » des élus, ainsi que sur le soutien sans faille des populations concernées. « Il n’y a même pas de débat concernant de possibles créations d’emplois. Que ce soit au niveau communal ou régional, le rejet est unanime. Nous voulons dire aux industriels : vous ne pourrez pas exploiter les ressources de notre sous-sol, passez votre chemin. »


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