Tribune —
Faisons confiance au mouvement espagnol
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« L’immobilité d’une société est sa mort. Le mouvement est sa chance. »
Propuestas de los indignados (España en marcha)
Je souhaite ajouter mon grain de sel au débat naissant sur Planète sans visa. Certains semblent penser - déjà - du mal du mouvement de Los indignados. Mon Dieu ! Tout de même ! Certes, et je l’ai dit, je déplore la place ridicule laissée à la crise écologique - la seule qui vaille, in fine - par les révoltés espagnols. Mais ce serait commettre une erreur de taille que de juger une entreprise de cette nature à ses toutes premières apparences. À ce compte-là, disons franchement que le mouvement naissant du printemps 1968 était ridicule.
À Nanterre, en mars de cette année magnifique, on réclamait la mixité des résidences universitaires. On, c’est-à-dire les futurs barricadiers. Bonjour la folle audace, hein ? Et comment oublier que la jeunesse de ce temps se leva - pour partie - au nom d’épouvantables despotes comme Mao ou Joseph Staline ? Comment oublier que les gazettes de ce temps englouti étaient emplis d’articles à la gloire d’une jeunesse sans autre idéal que de voir Johnny Halliday casser sa guitare au Golf Drouot ?
Si l’on ose le rapprochement, il ne fait aucun doute à mes yeux que el movimiento español de los indignados est d’ores et déjà mille fois plus intéressant. Mon sentiment est donc limpide : faisons confiance. Attendons, comme disent les Castillans, c’est-à-dire espérons. L’immobilité d’une société est sa mort. Le mouvement est sa chance. Esperamos, y también eso, de Rafael Gabriel Juan Múgica Celaya Leceta Cendoya : « ¡ A la calle ! que ya es hora de pasearnos a cuerpo y mostrar que, pues vivimos, anunciamos algo nuevo ». ["Dans la rue ! Il est temps de se mettre en marche et de montrer que nous annonçons quelque chose de nouveau.]"