Gaz de schiste : en Pologne, combat en cours entre paysans et la compagnie Chevron

Durée de lecture : 2 minutes

6 juin 2013 / Raphaëlle Bauduin (Reporterre)

Dans le village de Zurawlow, une confrontation violente se poursuit entre les paysans polonais et la compagnie Chevron. Un paysan a été blessé.


Dans le village de Zurawlow, c’est le quatrième jour [6 juin] de la confrontation entre les paysans, la multinationale américaine Chevron et les autorités locales. En cause : l’exploitation du gaz de schiste par Chevron et la fracturation hydraulique, qui priveraient tous les habitants d’eau potable.

Il y a deux ans, les paysans s’étaient déjà battus, dans cette même région (communes de Grabowiec, Zurawlow et Miaczyn) contre la société américaine qui souhaitait exploiter leurs champs. Faute d’autorisation et de papiers officiels, la société américaine avait dû renoncer. Lech Kowalski, produit par Arte, en avait fait un film, La malédiction du gaz de schiste.

Chevron revient aujourd’hui, malgré la protestation des habitants

Le ministère polonais de l’environnement aurait donné l’autorisation à Chevron de mener une étude sismique, sur des terrains loués par la multinationale à certains paysans. 2, 7 hectares seraient concernés pour le moment.

Chevron serait propriétaire d’une parcelle dans la commune de Grabowiec, depuis le 6 décembre 2007. Numéro de la concession : 30/2007/p. La compagnie aurait l’autorisation de mener une étude sismique jusqu’au 6 décembre 2013. En revanche, l’autorisation de forer aurait été annulée en juin 2012. (source : les paysans sur place)

Pour les habitants du village, ce n’est qu’une première étape, avant les forages. Ils protestent violemment ; certains ont été blessés. Barbara Siegienczuk, une des figures de la protestation, s’est fait rouler dessus par un des camions de Chevron. Elle est actuellement à l’hôpital.

Les paysans ont passé la nuit sur leurs champs, afin d’empêcher Chevron de mener à bien son projet. Ils seraient plus de cent cinquante à protester, 24h/24h, et demandent à leurs voisins de les soutenir, en apportant davantage de véhicules et de tracteurs pour bloquer la multinationale. Ils ne craignent pas les arrestations et se disent prêts à aller au bout de leur combat. Désespérés, ils plantent depuis ce matin des tentes afin de s’installer sur leurs terres.

Un porte-parole de Chevron a déclaré hier travailler dans la légalité la plus totale, estimant avoir en sa possession tous les permis nécessaires pour commencer le travail.

Les autorités locales, pour le moment, ne font rien pour empêcher le travail des employés de Chevron.

Le réalisateur Lech Kowalski est sur place et filme la situation. Il manque de réseau pour envoyer ses images.

...........................................................

Complément d’information :

Articles en polonais :
- Dziennik

- Zamosc



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Raphaëlle Bauduin pour Reporterre

Photos : Courriel à Reporterre, crédit : Marcin Latanik ©revoltcinema

Lire aussi : Gaz de schiste : contestation autour de l’eau en Pologne

25 janvier 2020
L’écologie n’est pas une religion mais une politique de la responsabilité
Tribune
25 janvier 2020
Contre les feux australiens, les collectes de solidarité font caisses pleines
Info
24 janvier 2020
Des habitants d’un village du Nord se dressent contre un pylone de téléphone
Enquête