Gaz de schiste : les paysans polonais menacés d’expulsion

Durée de lecture : 3 minutes

3 juillet 2013 / Les agriculteurs de Zurawlow



Un ordre pour expulser les agriculteurs de Zurawlow a été signé le 1 juillet. Les agriculteurs se préparent à affronter les forces de l’ordre. Voici leur message.


Depuis le 3 Juin, les agriculteurs et les résidents du petit village rural de Zurawlow en Pologne sont en confrontation avec la société Chevron. Ils défendent leur terre, leur activité et leur façon de vivre. Ils craignent la pollution de leur nappe phréatique, ce qui s’était déjà passé il y a deux ans dans leur voisinage après des recherches sismiques de gaz de schiste.

Ils savent que quand Chevron trouvera du gaz sur leurs terres, rien ni personne ne pourra arrêter le développement industriel et impérial de l’extraction du gaz de schiste sur leurs terres, transformant de manière irréversible et en quelques années leur magnifique et paisible région, le grenier de la Pologne, en un désert industriel et pollué.

Sous la protection d’une compagnie de sécurité et dans une atmosphère très tendue, Chevron a pris possession d’un terrain, essayant d’installer une clôture et de commencer des tests sismiques. Les agriculteurs locaux savent que quand la recherche sismique sera terminée et que la présence de gaz sera confirmée, le forage et la fracturation suivront et en quelques années, des centaines ou des milliers de puits apparaîtront. Alors il n’y aura pas de place pour l’agriculture et le tourisme, et leur vie perdra tout leur sens.

Les agriculteurs polonais sont opposés aux forages non conventionnels de gaz de schiste car ils pourraient conduire à la contamination de leur eau, du sol et de l’air. Lors des essais sismiques précédents effectués sur place, des explosifs ont été utilisés et ont déjà provoqué la pollution de l’eau la rendant impropre à la consommation.

Toutes les licences accordées à Chevron par le ministère polonais de l’Environnement sont situées sur les trois plus grands réservoirs d’eau souterrains en Pologne, de sorte que le risque de pollution générale de l’eau dans la région est très fort – ce n’est juste qu’une question de temps. Cela ne concerne pas seulement la Pologne, mais aussi l’Ukraine, en raison de l’emplacement transfrontalier de l’un des réservoirs, mais l’Ukraine n’a probablement été ni consultée ni informée sur les risques.

Chevron refuse d’écouter les agriculteurs et les autorités locales refusent de résoudre le conflit en cours. La pression du gouvernement sur les collectivités locales et l’ensemble des institutions publiques fait que les gens sont gardés sous surveillance, leurs téléphones sont sur écoute, ils sont soumis à des contrôles fiscaux et sanitaires, et sont menacés de sanctions.

Chevron intimide et soudoie les individus et les familles, empêchant toute possibilité de contrôle démocratique, ne signant que des contrats secrets, même avec les autorités locales, l’utilisation de la route n’étant qu’un exemple.

Les pratiques de Chevron en Pologne sont très fortement soutenues par le gouvernement polonais et il n’y a presque aucun média grand public qui oserait dire la vérité sur les risques de la fracturation hydraulique. C’est pourquoi l’opinion publique est plutôt en faveur de l’exploitation des gaz de schiste.

L’opinion publique polonaise doit être informée et nous avons besoin de renforcer la pression publique sur le gouvernement, sur Chevron et d’autres compagnies de gaz, d’autorités locales et d’aider les collectivités locales à défendre leur mode de vie et prendre en main leur avenir.






Source : Occupy Chevron

Photo : Climate Connections

Lire aussi : La bataille du gaz de schiste en Pologne : Lew Kowalski interpellé



Documents disponibles

  Sans titre
22 septembre 2020
La betterave, cheval de Troie des néonicotinoïdes
Reportage
21 octobre 2020
Contre les Center Parcs « qui veulent remplacer la nature », les opposants se regroupent
Reportage
21 novembre 2020
Face au géant Veolia-Suez, la régie publique de l’eau se développe
Enquête