Hollande a cédé aux banques

Durée de lecture : 2 minutes

24 janvier 2013 / ATTAC France

Le projet de loi sur la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires est vidé de toute substance.


C’était il y a un an. Le candidat Hollande, au meeting du Bourget, pointait du doigt son « véritable adversaire » : « Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Un an après, ce sont surtout les banques qui célèbrent cet
anniversaire. Grâce à leurs réseaux d’influence, elles ont pesé de
tout leur poids pour vider de sa substance le projet de "loi de
séparation et de régulation des activités bancaires [1]"
que le
gouvernement doit soumettre à l’approbation du Parlement d’ici fin
février. Avec un grand succès, puisque le texte n’est plus que l’ombre
des engagements de campagne du candidat Hollande.

Parmi ses promesses les plus emblématiques, la séparation claire des
activités de crédit, de dépôt et celles de spéculation n’est
désormais plus à l’ordre du jour. "Cette loi ne s’attaque pas aux
vrais problèmes et aura peu d’effet sur l’activé des banques. Elles
vont continuer à prendre des risques et ne seront pas incitées à
faire leur vrai métier : financer les investissement, les emplois, les
logements"
analyse Aurélie Trouvé, co-présidente d’Attac France.

Dans une note qu’il a rendu publique lundi 21 janvier, et qui a fait
grand bruit, l’économiste Gaël Giraud estime même que le projet
"cumule les faiblesses des modèles étrangers - Volcker, Vickers,
Liikanen, Glass-Steagall Act-, sans hériter d’aucune de leurs qualités
".
[2]

Attac France se mobilise pour obtenir des modifications substantielles
de ce projet de loi et publie aujourd’hui ses contre-propositions [3]
pour remettre la banque au service de l’intérêt général.

....................................................

Notes

[1] lien

[2] Lien

[3] Lien



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et dessin : Attac France

Consulter par ailleurs le DOSSIER Hollande : adversaire de la finance, ou agent de l’oligarchie ?

9 juillet 2019
Ceux qui aiment le raisonnement scientifique devraient être pour l’homéopathie
Tribune
9 juillet 2019
À Marseille, les quartiers nord ont aussi droit aux légumes bios
Reportage
18 juillet 2019
De l’urgence de débattre au sein du mouvement écologiste
Édito