Ile-de-France : pic de pollution, le préfet reste les bras croisés

Durée de lecture : 2 minutes

17 mars 2012 / Denis Baupin


Depuis 4 jours, les pics de pollution aux particules se succèdent et s’aggravent : trois dépassements successifs « d’information », lundi, mardi et mercredi, et même, hier jeudi 15 mars, pour la première fois dépassement du seuil « d’alerte »… lequel pourrait de nouveau être dépassé vendredi 16.

Or au titre même de la règlementation en vigueur, le dépassement du seuil d’alerte doit conduire le Préfet de Police à mettre en œuvre des mesures dite « d’urgence » telles que le contournement de la zone dense pour les camions en transit, abaissement de 20 km/h de la vitesse sur les grands axes, immobilisation des véhicules administratifs antérieur à 1998, circulation alternée… Rien de tout cela n’a été décidé et encore moins mis en œuvre

Pic après pic (plus de 20 jours de dépassement en 2 mois et demi), on se contente d’inviter les automobilistes à modérer leur vitesse – sans jamais vérifier si cela a le moindre impact –, tandis qu’est demandé aux victimes potentielles (enfants des écoles, asthmatiques, sportifs) de ne pas s’exposer. Préconisations aléatoires pour les sources de pollution ; consignes impératives pour les victimes : cherchez l’erreur.

Comme l’a de nouveau constaté Airparif le 15 mars, lors de la présentation de son bilan annuel de la qualité de l’air, c’est plus de 25 % de la population francilienne qui est régulièrement exposée à cette pollution extrêmement nocive pour la santé, et dont les études médicales ont montré qu’elle abrège notre espérance de vie de 6 mois et fait plus de 40 000 morts par an en France.

Va-t-on rester éternellement les bras croisés pendant que les franciliens, et particulièrement les enfants et les personnes fragiles, respirent quotidiennement un air toxique ?



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Source : Denis Baupin

Photo : Maxisciences

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