Jean-Pierre Jouyet, l’ami de François Hollande, est un fidèle du Siècle, mais il n’aime pas qu’on le sache

Durée de lecture : 2 minutes

11 juillet 2012 / Hervé Kempf (Reporterre)

Ancien ministre de Sarkozy, il est nommé à la tête de la Caisse des dépôt et consignations.


Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, est un ami personnel de longue date de François Hollande [- et depuis avril 2014, secrétaire général de la Présidence de la République]. Il est aussi membre du club Le Siècle. Le 25 janvier 2012, il allait de nouveau passer la soirée avec ses amis banquiers, journalistes de cour, politiques.

Mais il n’avait vraiment pas envie de répondre aux questions qu’on tentait de lui poser sur ce repaire de l’oligarchie. « C’est toujours utile d’échanger », lâche-t-il d’abord. Mais pas question de parler de la banque. « Je n’en pense rien ».

Quant au club Le Siècle, « c’est la vie privée ». On évoque les hauts fonctionnaires, le parti socialiste. « Mais je ne suis pas membre du parti socialiste ! », s’exclame-t-il, comme s’il s’agissait d’une injure.

« Allez vous faire voir », me propose-t-il, courroucé. Il rentre dans sa voiture.

Ecouter ici :

Jean-Pierre Jouyet n’est pas seulement membre du Siècle, il a été ministre du président Sarkozy (secrétaire d’Etat aux affaires européennes), et il est aussi président du conseil de surveillance de l’Aspen Institute France. L’Aspen Institute est une sorte de groupe Bildelberg. Comme l’a révélé Fabrice Nicolino, Pierre Cunéo, le directeur de cabinet de Delphine Batho, est président du directoire de cet institut. Enfin, était, puisqu’il en a démissionné le 24 juin

Quel est le genre d’idées propagée cet institut, où se retrouvent patrons, hauts fonctionnaires et autres oligarques ? Et bien par exemple, il organise une conférence sur le nucléaire. Un débat entre des opinions divergentes, opposées, histoire de se remuer les méninges ? Pas vraiment. La liste des intervenants de la conférence ne comprend que des militants nucléaristes, comme Anne Lauvergeon, des membres de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire ou des représentants de constructeurs de centrales nucléaires.

Cunéo à l’environnement, Jouyet à la Caisse des dépôts et consignations, la transition écologique est en marche, pas de doute.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : Reporterre

Première mise en ligne sur Reporterre le 17 mai 2012

Photo : Crédit et banque

Voir aussi : Le Siècle est toujours vivant


Cet entretien a été réalisé par un journaliste professionnel et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :



Documents disponibles

  Sans titre
17 février 2020
Exclusif : le kit de Reporterre pour aider les maires (et les citoyens) à devenir écolo
Enquête
8 janvier 2020
En Australie, « même des forêts tempérées partent en fumée »
Entretien
28 février 2020
Les candidats à la mairie de Paris confrontent leurs projets écologiques
Info




Du même auteur       Hervé Kempf (Reporterre)