L’Argentine annonce un OGM résistant à la sécheresse

Durée de lecture : 2 minutes

19 mars 2012 / Green et Vert


Qualifiée d’événement majeur par la présidente Cristina Kirchner, la création d’un soja OGM résistant à la sécheresse par les laboratoires argentins inquiète les écologistes. Pour Greenpeace, ces semences vont aggraver la déforestation dans des zones jusque là épargnées.

La création de graines de soja capables d’offrir d’excellents rendements sur des sols secs et chargés de sel apparaît à première vue comme une excellente nouvelle. Du côté du gouvernement, on se félicite des travaux menés par l’Université Nationale du Littoral (UNL) et par le Conseil national d’investigations scientifiques et technologiques (CONICET). Selon la présidente, les deux organismes percevront chacun quelques 75 millions de dollars de royalties grâce à ce nouveau brevet.

La nouvelle suscite pourtant l’inquiétude des écologistes, qui dénoncent l’absence de contrôle de l’expansion de ces cultures intensives. Hernán Giardini, responsable de la campagne Forêts chez Greenpeace, s’inquiète : « Sans l’adoption d’une politique interdisant totalement la déforestation, cette graine OGM signera la fin des dernières forêts primaires du Chaco. Sans contrôle, elle permet de développer des cultures dans des zones boisées où il pleut très peu, possédant des sols salins. Et elle encourage la ’sojatisation’ de nouvelles régions, comme la Patagonie. »

Entre 1998 et 2006, l’Argentine a perdu plus de 2 millions d’hectares de forêts, soit près d’un hectare toutes les deux minutes.

Des méthodes culturales nocives

L’épandage massif de glyphosate (principal composant du célèbre désherbant RoundUp) associé aux cultures OGM est également accusé de provoquer cancers, pertes de fertilité et troubles neurologiques au sein de la population rurale.

« Les résultats de l’expansion du soja OGM dans notre pays sont flagrants : la frontière agricole a reculé aux dépens des forêts primaires ; une perte importante de biodiversité a eu lieu ; des milliers de familles de paysans et d’indigènes ont été expulsées ; la concentration des terres s’est aggravée ; l’utilisation de produits chimiques aux effets nocifs pour la santé humaine et pour l’environnement a augmenté de manière exponentielle. »

Un accord passé entre les organismes publics ayant créé les nouvelles semences et les entreprises Arcadia (États-Unis) et Bioceres (Argentine) devrait permettre leur commercialisation d’ici 2014 ou 2015.

Le brevet a déjà été approuvé par les principales nations productrices de soja, à savoir l’Argentine, le Brésil, l’Inde, les États-Unis et le Mexique. Pour l’Argentine, les enjeux économiques sont colossaux : si les nouvelles graines connaissent un succès à l’échelle mondiale, elles pourraient rapporter jusqu’à 2,5 milliards de dollars par an.



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Source : Green et vert à partir d’Adital (en espagnol).

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