L’EPR de Penly ne sera pas construit - enfin, pour l’instant
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Arnaud Montebourg a annoncé qu’un EPR ne serait pas construit à Penly, « à ce stade ». Mais l’abandon du projet n’est pas encore définitif.
Deux jours après avoir annoncé, le 29 janvier, aux côtés de Delphine Batho, des mesures de soutien à l’industrie nucléaire [1], Arnaud Montebourg a révélé au quotidien Paris Normandie que le projet Penly III ne sera pas relancé.
« Nous en sommes à terminer celui de Flamanville (Manche). Le gouvernement n’a pas l’intention de relancer, à ce stade, le projet de Penly [2]. »
Cette formule n’est pas si évidente qu’il y parait. Quoi qu’en pensent messieurs Jumel et Gautier, le ministre du redressement productif n’a pas dit que l’EPR de Penly était abandonné. Bien au contraire, il laisse ouverte la possibilité de la poursuite du projet.
Arnaud Montebourg ne fait finalement que confirmer les propos tenus par François Hollande le 14 février 2012 [3]. Dans un entretien accordé à Paris-Normandie, le président de la République expliquait que s’il est élu, le chantier de l’EPR « ne se fera pas dans le prochain quinquennat ». Ce qui laisse donc ouverte la possibilité de le construire lors de la mandature suivante...
Cette position est conforme aux engagements pris par EDF à l’issue du débat public sur le projet Flamanville III en février 2006 [4]. Il n’y a donc rien de nouveau. EDF, compte-tenu de sa situation financière mais surtout de la surcapacité du parc nucléaire français, n’a pas besoin de construire un second EPR avant 2020.
Les partisans du nucléaire peuvent cependant se rassurer. Le Schéma régional climat air énergie proposé par les services de l’Etat et la présidence de la Région Haute-Normandie admet la construction d’un réacteur EPR pour faire face à la demande d’électricité locale et nationale d’ici 2050...
Le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs déplore qu’Arnaud Montebourg ne tienne pas un discours de vérité. L’EPR n’est pas abandonné mais seulement suspendu. Tout laisse croire que l’enquête publique sur le dossier d’autorisation de création de Penly III aura lieu en 2018 ou 2019.
L’EPR de Penly est nécessaire au lobby nucléaire pour assurer la pérennité de cette industrie. Puisque des réacteurs seront fermés au cours de la décennie 2020-2030, l’Etat et EDF veulent disposer de réacteurs neufs pour perpétuer un modèle énergétique archaïque, cher, inadapté et dangereux... voire même absurde. Et cela quel qu’en soit le prix économique, social et environnemental.
Nous aurions attendu de la part de l’Etat, à l’heure où s’ouvre le débat national sur la transition énergétique, des déclarations plus fortes qui donnent à voir un réel souci de transformer profondément le système énergétique français.
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Notes
[1] L’Usine nouvelle
[2] Paris Normandie
[3] ’Mediapart
[4] CNDP