L’écologie kidnappée

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11 février 2015 / par villalard

L’écologie kidnappée, de Georges Guille-Escuret, un essai qui récapitule les conditions d’existence de l’écologie, montrant que, depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui, elle a subi d’incessantes tentatives de kidnapping.

Les angoisses croissantes du XXe siècle devant le devenir de la nature et de ses locataires humains se sont rassemblées en un mouvement qui a récupéré le nom d’une science, l’écologie, avant d’en « corriger » le contenu.

Espérant un soutien concret à leurs projets, voire une augmentation des budgets, les chercheurs n’ont opposé qu’une faible résistance à cet emballement. Trente ans plus tard, un constat consternant s’impose : l’écologie, née du darwinisme avec la mission de produire des synthèses, subit un étouffement, alors même que sa nécessité s’avère effectivement criante.

Des principes moraux se substituent d’autorité aux règles de méthode, la vision pernicieuse d’une prétendue « place de l’homme dans la nature » bloque l’urgence vitale d’une écologie humaine complète, et une mosaïque de « sciences de l’environnement » confie l’exercice de la synthèse à un « bon sens » ivre de nostalgies.

Cet essai récapitule les conditions d’existence de l’écologie, montrant que, depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui, elle a subi d’incessantes tentatives de kidnapping. Seule science de la vie à pouvoir aborder des faits sociaux, elle attire irrésistiblement le désir de fixer les lois de la société depuis la nature.

Docteur en biologie et en anthropologie, Georges Guille-Escuret est directeur de recherche au CNRS (Centre Norbert Elias, Marseille). Il a utilisé sa double formation pour préciser les conditions méthodologiques d’une coopération durable entre l’écologie et les sciences sociales. Il est l’auteur de huit livres, dont les trois volumes d’une récente Sociologie du cannibalisme (Puf, 2010-2013).


- L’écologie kidnappée, Georges Guille-Escuret, PUF, 360 p., 23.00 €



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