La Belgique va sortir du nucléaire

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1er novembre 2011 / Reuters


Les partis politiques belges, qui négocient la formation d’un nouveau gouvernement, se sont mis d’accord, dimanche 30 octobre, pour fermer – sous condition – les deux centrales nucléaires encore en activité dans le pays.

Le plan, qui prévoit la fermeture d’ici 2015 des trois plus anciens réacteurs, sur les sept que compte le pays, puis une sortie complète du nucléaire d’ici 2025, reste conditionné à ce que la Belgique trouve suffisamment de sources d’énergie alternatives au nucléaire pour éviter toute pénurie. Selon le rapport 2009 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Belgique dépend à 55 % du nucléaire pour ses besoins électriques.

Le pays va maintenant négocier avec des investisseurs pour déterminer comment trouver de nouvelles capacités pour remplacer les 5.860 mégawatts (MW) appelés à disparaître si les centrales de Doel et Tihange sont bel et bien fermées. « Le gouvernement va rechercher activement de nouveaux investisseurs et de nouveaux sites encore inutilisés pour voir ce qui peut être fait », a ajouté la porte-parole du gouvernement. En 2009, la Belgique avait décidé de prolonger de dix ans la durée de vie de ses plus vieux réacteurs, mais cette mesure n’est jamais entrée en vigueur en raison de la vacance du gouvernement.

« S’il s’avère que nous ne sommes pas confrontés à des coupures et à une flambée des prix, nous avons l’intention de nous en tenir à la loi de 2003 sur une sortie du nucléaire », a déclaré une porte-parole du ministère belge de l’énergie et du climat, confirmant des informations des médias belges.

LE SCÉNARIO DU PIRE POUR GDF SUEZ

La possibilité d’une sortie du nucléaire intervient quelques mois après une décision similaire de l’Allemagne. Face à l’émoi provoqué par la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, dans le sillage du séisme du 11 mars, les autorités allemandes on fait le choix d’entamer une fermeture graduelle des centrales qui doit s’échelonner d’ici à 2022.

La perspective d’un accord similaire en Belgique pèse sur l’action GDF Suez, propriétaire des deux centrales belges par le biais de sa filiale Electrabel. Vers 11 heures, le titre reculait de 3,77 % à 20,94 euros dans des volumes étoffés. L’indice CAC 40 reculait de 1,93% à ce stade et l’indice sectoriel européen de 0,72 %.

Lundi 31 octobre, Electrabel et GDF Suez n’ont pas souhaité commenter la décision belge, affirmant n’ayant pas avoir reçu à ce jour de confirmation officielle sur le sujet. « Cet accord constitue réellement un ’worst case scenario’ [scénario du pire] pour GDF Suez en Belgique », commente Oddo Securities, qui a abaissé sa recommandation d’achat à « neutre » sur le titre à la suite de l’annonce d’un accord. Le courtier rappelle toutefois que la Belgique ne représente que 10 % de l’Ebitda de GDF Suez.

LE NUCLÉAIRE EN FRANCE « N’A PAS À SEGOCIER »

A la Bourse de Paris, l’électricien EDF était en baisse de 1,64 % à 21,89 euros, tandis que le spécialiste français du nucléaire Areva perdait 2,93 % à 21,56 euros. Au-delà du débat sur le nucléaire, EDF est indirectement concerné par la décision des autorités belges, puisqu’il détient des droits de tirage, directement sur 8 % de la capacité de production des centrales belges, et indirectement via sa filiale belge SPE des droits sur 7 %. Le groupe public n’a pas souhaité faire de commentaire.

L’action EDF a chuté de plus de 5 % vendredi, des intervenants de marché ayant évoqué un article du Monde selon lequel le Parti socialiste et les écologistes seraient sur le point de sceller un accord électoral prévoyant des fermetures de centrales nucléaires.

Dimanche sur Europe 1, la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a exclu une sortie de la France du nucléaire à moyen terme, estimant que la place de cette énergie dans l’Hexagone « n’a pas à se négocier ». La France, qui dépend de l’atome pour plus de 70 % de sa production d’électricité, a évoqué pour la première fois en juillet dernier, par la voix d’Eric Besson, l’hypothèse d’un scénario de sortie du nucléaire à l’horizon 2040-2050. Le ministre de l’énergie avait toutefois précisé que ce scénario n’était pas celui qu’il privilégiait à ce stade.



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Source : http://www.lemonde.fr/europe/articl...

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