La Commission européenne autorise de nouveaux OGM

Durée de lecture : 3 minutes

2 mars 2010 / Corinne Lepage

La Commission européenne autorise une pomme de terre transgénique et le maïs MON 863, ré-ouvrant l’Europe aux OGM.


Alors que la Commission Européenne s’apprête aujourd’hui à annoncer l’autorisation de culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée, Corinne Lepage, député européen, vice-présidente de la commission Environnement du Parlement, affirme sa détermination à dénoncer et à s’opposer à une véritable offensive pro-OGM de la part de José-Manuel Barroso et du nouveau Commissaire européen à la santé et à la protection des consommateurs, John Dalli.

« Cette décision de reprendre les autorisations de dissémination d’OGM dans l’environnement, en évacuant le débat sur leurs risques, est inacceptable et constitue une véritable déclaration de guerre à l’égard des citoyens européens majoritairement opposés aux cultures OGM, de la part de M. Barroso », affirme Corinne Lepage.

« Si c’est cela le "changement" que M. Barroso avait promis au Parlement avant son investiture, cela augure mal de la politique environnementale et sociale de la nouvelle Commission. »

« M. Barroso veut ouvrir les vannes aux OGM au niveau européen et espère faire passer la pilule des risques mal évalués pour la santé en laissant les gouvernements décider de leur mise en culture ou non sur leur territoire national, afin de passer outre les blocages au sein du Conseil des Ministres. Cela ne change évidemment rien à la protection de la santé des consommateurs, au contraire, la volonté de M. Barroso est de réduire encore les études préalables qui restent secrètes », analyse Corinne Lepage.

La pomme de terre de BASF modifiée génétiquement pour produire plus d’amidon serait la première autorisation de mise en culture d’un OGM en Europe depuis 1998. En parallèle, la Commission prévoit également de revoir les exigences d’évaluation à la baisse, alors même que les procédures actuelles de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) ne permettent pas une évaluation sérieuse des risques à long-terme des OGM pour la santé et l’environnement.

« M.Barroso s’empresse de donner des gages aux pays exportateurs d’OGM alors qu’il n’a rien fait pour répondre aux exigences des Etats-membres, portées par la présidence française en 2008, d’améliorer l’évaluation des risques des OGM et de réformer le fonctionnement de l’EFSA, agence non exempte de conflits d’intérêts » , dénonce Corinne Lepage. « Les OGM sont un enjeu de société qui ne peut pas être traité en dehors des procédures démocratiques, sous couvert de considérations techniques et commerciales », ajoute-t-elle.

Des procédures techniques dites de « comitologie » permettent en effet à la Commission d’autoriser des OGM en l’absence de majorité au sein du Conseil, et sans que le Parlement n’ait son mot à dire.

La Commission s’apprête également à autoriser plusieurs maïs transgéniques destinés à l’importation, à faire passer un texte détaillant les données que les industriels doivent fournir pour recevoir une autorisation, et M. Barroso et M. Dalli ont annoncé leur volonté de « re-nationaliser » les décisions de mise en culture d’OGM.

« Alors que nous devons redonner confiance à nos concitoyens dans les institutions européennes, le fait que les premières décisions de la nouvelle Commission soient d’autoriser les OGM pour satisfaire les lobbys qui les soutiennent est un détestable signal en direction de l’opinion publique européenne ».



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