La Crète menacée par une invasion d’éoliennes

Durée de lecture : 5 minutes

15 janvier 2013 / Réseau crétois de lutte contre les E.R.E.I.

Profitant de la crise profonde dans laquelle est plongée la Grèce, des investisseurs internationaux veulent suréquiper la Crète en éoliennes et centrales solaires, sans enquête environnementale préalable. Des écologistes crétois s’insurgent.


Nous résistons aux politiques néolibérales menant à une autre faillite des pays du sud Européen.

La Grèce se trouve actuellement dans l’œil d’un « cyclone énergétique » intensifié ces dernières années par la conjoncture géopolitique dans la région (menaces de guerre envers l’Iran, détérioration des relations entre la Russie et l’Europe dans le domaine de l’énergie), et ce d’autant plus depuis le placement du pays sous la tutelle de la Troïka (UE, BCE, FMI).

Dans ce contexte, le gouvernement grec actuel – tout comme ses prédécesseurs - promeut la vente sans conditions de chaque ressource naturelle (minerais, hydrocarbures, eau, vent et potentiel solaire) par le biais de procédures d’accélération des investissements, connues sous le nom de « Fast Track » en Grèce, qui court-circuitent toutes les étapes légales habituelles dans l’octroi de permis, soulevant des questions à la fois de constitutionnalité et de légitimité politique.

En Crète et ailleurs en Grèce, utilisant comme cheval de Troie le concept du « développement vert », des compagnies multinationales et leurs associés locaux - privés ou institutionnels- progressent dans divers projets d’installation d’unités de production d’énergie renouvelable à l’échelle industrielle (E.R.E.I.), tous caractérisés par leur gigantisme, et l’absence totale de prise en compte des besoins locaux comme de l’impact environnemental qu’auraient de tels chantiers pharaoniques sur des biotopes déjà fragilisés.

Un zoom sur la carte de Grèce des projets en cours est révélateur de la démesure qui prévaut, la Crète y apparaissant comme une immense zone industrielle vouée à la production d’énergie.

En juin 2012, le Comité interministériel des investissements stratégiques a introduit dans la procédure « Fast Track » trois projets d’installation d’unités E.R.E.I., d’une capacité totale de 2.151 MW [mégawatts] , prévoyant l’installation d’environ 800 éoliennes (hauteur de mât : 90 à 140m) sur 69 sommets de l’île et d’une centrale solaire à concentration de 180 hectares à l’est de l’île.

Ces projets constituent une première phase dans la planification de l’installation de 6.500 MW en E.R.E.I., alors que les besoins énergétiques de l’île n’ont jamais excédé 750 MW (en moyenne 250 MW) !

Ces installations, programmées même en zones Natura 2000, affecteront irréversiblement le paysage crétois, auront des impacts dramatiques sur le tourisme et suspendront tout effort de restructurer le secteur primaire de production.

Les travaux réalisés avec le matériel des principales multinationales européennes (Siemens, Vestas, etc.) créeront très peu d’emplois pour les gens du pays et produiront et exporteront de l’énergie chère pour le consommateur, via le réseau continental (4 projets de câble sous-marin).

Le Réseau Crétois de lutte contre les E.R.E.I., opposé à l’absurdité de cette politique, a déposé le 14 octobre 2012 un recours au Conseil d’Etat grec afin d’annuler les projets en cours.

L’action a été signée, en un très court laps de temps, par 1.275 citoyens, 11 conseils municipaux et 84 associations et organismes de l’île, une mobilisation sans précédent dans l’histoire juridique du pays.

La date prévue pour l’audition au Conseil d’état est fixée au 01/03/2013 et notre voix contre la planification de ces projets criminels doit être entendue encore plus fort de tous les coins de la Grèce, de l’Europe et du monde.

Vidéo « Comment ne rien dire » Français

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Pétition

Nous, les signataires de cette pétition, demandons au gouvernement grec et au comité interministériel des investissements stratégiques, l’annulation immédiate des permis accordés au trois projets E.R.E.I d’une capacité de 2.151 MW prévus en Crète, et leur retrait de la procédure anticonstitutionnelle d’accélération des investissements (Fast Track).

Ces projets qui ignorent les besoins énergétiques réels de l’ile, qui ne sont encadrés par aucun plan d’occupation des sols ni par aucune stratégie de développement, et qui n’ont fait l’objet d’aucun débat public démocratique, sont considérés par nous comme absurdes, illégaux et donc indésirables.

Nous demandons au gouvernement et aux autorités des ministères compétents, au lieu de brader par le biais de procédures opaques et pour une bouchée de pain tout notre patrimoine naturel et culturel, d’être attentifs aux besoins réels de la population et d’agir dans le respect de la logique, de la mesure et du droit.

En lieu et place de la cession sans conditions aux grands investisseurs dans les E.R.E.I.(éolien, photovoltaïque, solaire à concentration, STEP-Station de Transfert d’Energie par Pompage), de quasiment toutes les crêtes montagneuses, des plaines et plateaux, des zones protégées, mais aussi de patrimoines immobiliers privés, nous demandons le soutien actif des projets en énergies renouvelables visant à l’autonomie énergétique au niveau individuel et local, tout en encourageant l’économie d’énergie et les activités productives du secteur primaire.

Signer la pétition



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Source : Go Petition et Réseau crétois de lutte contre les E.R.E.I.

Photo : 123rf

Consulter par ailleurs : le DOSSIER : L’éolien est-il écologique ?

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