La Supplication

Durée de lecture : 3 minutes

18 novembre 2012 / par villalard


La Supplication. Tchernobyl, chronique du monde
après l’apocalypse
, de Svétlana Alexièvitch

Au Théâtre de l’Atalante.

Du mercredi 7 novembre au lundi 26 novembre 2012,

les lundi, mercredi et vendredi à 20h30, les jeudi et samedi à 19h, le dimanche à 17h, relâche le mardi.

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Ma vie fait partie de l’événement. C’est ici que je vis, sur la terre de Tchernobyl. Dans un pays dont on dit maintenant que ce n’est plus une terre, mais un laboratoire. Les Biélorusses constituent le peuple de Tchernobyl. Tchernobyl est devenu notre maison, notre destin national.

Svétlana Alexièvitch – romancière, enquêtrice, révoltée – endosse le rôle du héraut pour porter la parole des humbles, des damnés, de la terre de Tchernobyl.

Après un patient – et dangereux – travail de recueil de témoignages, elle hurle la vérité de ceux qui vivent encore là-bas, soit qu’ils n’aient pu se résoudre à quitter leur maison, soit qu’ils aient cru se mettre là à l’abri de pires folies. Comment ne pas être happé par cette parole dont le théâtre ne peut que s’emparer pour en amplifier le bruit ?

Stéphanie Loïk nous place d’abord à distance, dans l’objectivité implacable des chiffres, des statistiques, de la géographie ; des données froides qui donnent la mesure. On apprend ainsi que, si la Deuxième guerre mondiale a rayé de la carte 619 villages biélorusses, la catastrophe du 26 avril 1986 en a anéanti 485.

Puis petit à petit, avec précaution, on s’approche de l’humain, passant d’un plan large au plan serré, comme on viendrait traquer la vie – la vie ? – dans d’invisibles décombres. Un minutieux travail de fouille met lentement à jour la mémoire souterraine d’un peuple. On assiste à sa reconstitution subjective.

Le sensible, l’enfoui, l’indicible dessinent bientôt une géographie inédite : celle d’un lieu où il faudrait tout réinventer, à l’image de cette institutrice dont les élèves se détournent des oeuvres classiques désormais inutiles pour se tourner vers la science-fiction seule capable de leur parler de leur monde ; un monde devenu en un instant et pour longtemps – même si une nature déréglée semble y « reprendre ses droits » – un désert inoui.

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DISTRIBUTION

Adaptation et mise en scène : Stéphanie Loïk
Assistante à la mise en scène : Marion Laboulais

Chant : Jacques Schab
Mouvement : Cyril Viallon
Création et régie lumière : Blaise Cagnac
Régie : Jennifer Montesantos

Avec : Arnaud Agnel , Aurélien Ambach-Albertini, Clémence Azincourt, Fanny Bayard, Charlotte Bertoldi, Anthony Diaz, Marie Filippi,
Maxime Guyon, Ariane Heuzé, Lisa Hours, Yann Lesvenan, Adrien Mauduit, David Scattolin et Antoine Suarez-Pazos

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LES RENCONTRES DU JEUDI

Chaque jeudi après la représentation, participez à une rencontre avec l’équipe du spectacle et des auteurs ayant écrit sur le thème du nucléaire.

Jeudi 8 novembre : Rencontre autour d’ « Oublier Fukushima », un ouvrage signé sous le pseudonyme d’Arkadi Filine, liquidateur à Tchernobyl.

Jeudi 15 novembre : Rencontre avec l’équipe artistique de la pièce : Stéphanie Loik, metteur en scène et les comédiens.

Jeudi 22 novembre : Rencontre avec Xavier Renou, auteur de « Désobéir au nucléaire » et membre du mouvement des Désobéissants.




Source et photo : Théâtre de l’Atalante

Consulter par ailleurs : Notre DOSSIER FUKUSHIMA

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