Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info
Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

Parce qu’informer sur le péril écologique est une priorité.

Reporterre publie quotidiennement,
en accès libre et sans publicité.
Le journal ne vit que des dons de lecteurs comme vous.

1 donateurs soutiennent Reporterre ce mois-ci.

Objectif de 12 000 donateurs

Soutenir Reporterre

Jardin sans pétrole

La nature, cette extraordinaire machine à recycler

Les feuilles mortes d’automne sont très utiles pour protéger les buttes du froid. De plus, elles alimentent le sol en se décomposant sous l’action de nombreux organismes vivants.

Qui aurait eu envie de partir à vélo ce dimanche d’automne bruineux ? À la maison, personne. Je suis donc partie seule au jardin, talonnée par un crachin froid que la météo n’avait pas prévu. Les flaques et la boue sont de retour, la terre est bien humide.

C’est une journée idéale pour partir à la chasse aux feuilles mortes et protéger les buttes avec une bonne couverture végétale. Équipée du râteau à feuilles et de la brouette, je pars récupérer des feuilles près des bâtiments du centre équestre, là où elles dérangent le passage, et rapporte plusieurs brouettes de belles feuilles de chêne. Ces dernières se dégradent plus vite que les copeaux, que je réserve aux allées. Un joli contraste de couleurs se dessine, qui égaye la grisaille de novembre.

J’ai trouvé dans un livre encyclopédique intitulé Le sol, une merveille sous nos pieds, publié récemment chez Belin, une explication détaillée de la manière dont un sol vivant digère une feuille tombée à terre. Ce sont d’abord les bactéries et les champignons qui se ruent sur la belle, lâchant leurs enzymes à découper les glucides et les protides, pour absorber toutes les molécules solubles dans l’eau. Ils laissent derrière eux une feuille à l’état de squelette sur laquelle on peut voir la structure ligneuse des nervures et les parois cellulaires. C’est alors que les gros collemboles — des arthropodes à l’échelle du millimètre — entrent en scène, entaillent le squelette et permettent à d’autres types de bactéries et de champignons de faire un sort aux derniers éléments solubles, laissant les cloportes, les acariens-oribates, les mille-pattes, les larves d’insectes participer au festin. Et quand tout le monde s’est bien régalé et s’est bien soulagé, les vers de terre viennent faire le ménage, enfouissant l’humus dans la terre et participant à sa minéralisation.

La nature est incroyablement ingénieuse et coopératrice et elle ne laisse jamais de déchet derrière elle… Une prochaine semaine, nous emporterons une loupe pour voir de plus près si toutes ces drôles de bêtes sont bien dans le jardin.

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende