La plus grande aire protégée du continent africain vient d’être créée au Niger

Durée de lecture : 3 minutes

9 mars 2012 / Sahara conservation fund




Le 6 mars 2012 est un jour historique pour la conservation de la nature et plus particulièrement des régions désertiques et subdésertiques du Sahel et du Sahara. En effet, le Gouvernement du Niger a officiellement décrété la création de la Réserve Naturelle et Culturelle Nationale du Termit et du Tin Toumma – RNCNTT, pour la conservation de la biodiversité saharienne.

La plus grande aire protégée d’Afrique !

Située à l’est du Niger à plus de 1300 km de Niamey, la capitale, la RNCNTT est aujourd’hui la plus grande aire protégée terrestre du continent africain avec une superficie de 100 000 km2. Elle va permettre au Niger de passer de 6,6 à 14 % de son territoire en aires protégées et atteindre ainsi les objectifs du millénaire pour le Développement des Nations unies.

Un grand pas pour la sauvegarde des espèces emblématiques du Sahara, très menacées

Avec l’obtention d’un statut de protection légal, la survie de nombreuses espèces en danger d’extinction comme l’addax (Addax nasomaculatus), la gazelle dama (Nanger dama), le guépard saharien (Acinonyx jubatus hecki) ou la gazelle dorcas (Gazella dorcas) ainsi qu’une multitude d’autres espèces de mammifères, d’oiseaux et de reptiles représentatifs du domaine sahélo-saharien, est dorénavant possible.

Un processus partenarial de longue haleine aux multiples enjeux

La création de la réserve découle d’un long processus initié en 2004 et piloté par la CMS (Convention du Programme des Nations Unies pour l’Environnement - PNUE sur les espèces migratrices). Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial - FFEM a financé la mise en place des premières activités et études scientifiques dans la région de Termit, avec l’appui technique et financier du Sahara Conservation Fund –SCF et scientifique de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique - IRSNB.

Un 2e projet, financé en majorité par l’Union européenne, a abouti à la création de la RNCNTT. Cette dernière découle donc d’un processus participatif à différents niveaux. Au niveau local tout d’abord, la création de la réserve a nécessité une participation active des communautés locales dans le choix du type d’aire protégée correspondant à la catégorie IV de l’UICN afin de conserver des pratiques pastorales ancestrales. Une importante sensibilisation a également eu lieu au niveau national. Enfin, un travail de concertation avec l’industrie pétrolière a été entrepris.

Une étape de franchie mais le chemin qui mène à une conservation effective est encore long

Un grand pas a été franchi grâce à la création de cette nouvelle aire protégée. Il faut maintenant la rendre fonctionnelle, avec un plan de gestion et de conservation. Celui-ci veillera à conserver la biodiversité saharienne, en harmonie avec les pratiques ancestrales de l’élevage transhumant, pratiqué par le populations locales. Pour cela, il est essentiel que les institutions internationales apportent le soutien nécessaire au Niger pour lui permettre d’assurer la pérennité de la Réserve Naturelle et Culturelle Nationale de Termit et de Tin Toumma, espace unique à conserver pour le bénéfice des générations futures.

Pour plus d’informations, veuillez consulter les sites web suivants :
www.cms.int www.ass-niger.org www.saharaconservation.org






Source : Communiqué de Antilopes sahélo-sahariennes. Version en anglais sur Convention on migratory species

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