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La recherche sur l’écologie – avec les entreprises, mais sans les citoyens

Une des retombées discrètes mais importantes du Grenelle de l’environnement est de stimuler la recherche en environnement. Sauf que le gouvernement institue un comité de pilotage faisant une large place aux industriels, mais excluant les associations et les écologistes…

Nicolas Hulot a rencontré le 15 janvier, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à propos des « liens entre science et société après le Grenelle ». Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) a constitué le sujet brûlant : c’est bien à l’inclusion des acteurs de la société civile dans les instances de gouvernance (conseils stratégiques, conseils d’administration…) que l’on pourra lire l’ampleur de la mutation annoncée.

Or aucune ouverture de ce type ne s’est amorcée avec la mise en place du Comité opérationnel « recherche », le 8 janvier, par Jean-Louis Borloo et Valérie Pécresse. Alors que le comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM est définitivement pluraliste, avec non seulement des spécialistes en économie, sociologie, éthique et droit, mais aussi des représentants associatifs (3 personnes impliquées dans la protection de l’environnement, la santé et la consommation) et politiques, le comité Recherche est dépourvu de représentants de la société civile (il comporte 9 académiques, 6 industriels, 2 parlementaires), alors même qu’il est chargé de « mettre en œuvre les engagements du Grenelle de l’environnement ».

Pourtant la demande d’ouverture est ancienne et récurrente. Déjà en 2004, lors des États Généraux de la recherche, le Comité Sciences et société, piloté par Françoise Héritier, avait insisté sur la nécessité d’instaurer une représentation de la société civile au Ministère de la Recherche en créant une Direction Sciences et société.

Trois ans plus tard, alors que la Commission Lepage recommande d’intégrer des représentants de la société civile dans les instances de direction de la recherche, on continue de voir naître de tels Comités « ancien régime ». L’objectif de ce groupe est d’« intensifier notre effort de recherche sur les thématiques du climat, de l’énergie, des transports, de l’agriculture, de la biodiversité et de la santé environnementale »… sans les personnes concernées par les enjeux et impliquées !

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