La région Rhône-Alpes soutient le projet Yasuni

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11 janvier 2011 / Parti de Gauche

L’Equateur veut préserver une partie de sa forêt amazonienne de l’exploitation pétrolière. Ce projet, dit Yasuni ITT, vient de recevoir l’appui de la région Rhône-Alpes.


A l’occasion du débat budgétaire, le Groupe Front de Gauche fait adopter un amendement en faveur du projet YASUNI-ITT. En inscrivant 150 000 Euros en Autorisation de Programme pour 2011, la Région Rhône-Alpes s’engage à abonder le fond financier destiné à recueillir l’argent versé par la communauté internationale.

La Région Rhône-Alpes devient ainsi la première collectivité française à soutenir ce projet. C’est une immense satisfaction pour notre groupe Front de Gauche d’œuvrer pour une coopération internationale porteuse de transformation sociale et écologique.

Communiqué de María Fernanda Espinosa

Le Gouvernement National d’Equateur met en œuvre l’Initiative Yasuní-ITT qui consiste à laisser sous terre 20% des réserves actuelles de pétrole, en échange d’une contribution économique des pays industrialisés d’au moins la moitié de ce que l’Equateur aurait reçu en exploitant le pétrole des champs Ishpingo, Tambococha, Tiputini (ITT), à l’intérieur du Parc National Yasuní dans l’Amazonie équatorienne.

Les fonds, déposés dans un fidéicomis administré par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), seront utilisés dans l’investissement pour le développement social et la production soutenable des populations qui vivent dans la zone d’influence des projets localisés en Amazonie, dans le changement de la matrice énergétique en impulsant l’efficience dans la consommation énergétique nationale, dans la conservation du système national des aires protégées du pays et dans la reforestation d’environ un million d’hectares dans des bassins clés pour le développement du pays.

L’Initiative Yasuní-ITT est une proposition holistique et révolutionnaire car, en plus de conserver la biodiversité et de contribuer à la solution au changement climatique global, elle aspire à combattre la pauvreté et les inégalités dans le pays. De plus, elle cherche des alternatives pour qu’un pays hautement dépendant de l’exploitation des hydrocarbures comme l’est l’Equateur, aille vers une économie post-pétrolière.

L’Initiative Yasuní-ITT n’est pas un projet isolé. Le Gouvernement de la Révolution Citoyenne a fait des pas importants vers un regard différent sur le concept de développement ou du « Buen Vivir ». L’Initiative Yasuní-ITT est la continuation d’une profonde politique de changement du modèle de développement du pays qui a commencé avec l’approbation de la nouvelle Constitution de l’Equateur, peut-être la plus « verte » du monde, car, entre autres choses, elle reconnaît l’existence de Droits de la Nature. Un vrai événement historique qui met en évidence la priorité du Gouvernement pour changer les structures qui ne nous ont pas permis d’avancer vers un développement soutenable et, par conséquent, vers une véritable démocratie.

Il est évident qu’un « Plan B » existe, le Gouvernement ne l’a jamais nié et a toujours été clair et transparent à ce sujet. Un pays avec des besoins terribles a besoin de ressources pour son développement et pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Au cas où l’Initiative Yasuní-ITT échoue, le gouvernement équatorien exploitera les réserves des champs ITT. Mais pour que cela arrive, il doit se passer deux choses : ou bien on n’obtient les premiers 100 millions de dollars pour le fonds Yasuní d’ici décembre 2011, ou bien on n’obtient pas les 3,6 milliards de dollars d’ici 2023.

Mais la première option du Gouvernement de l’Equateur est de laisser le pétrole sous terre. Le Président Correa l’a ainsi indiqué la semaine dernière à la Conférence des Parties de la Convention sur le Changement Climatique qui a eu lieu à Cancún au Mexique. Dans celui-ci, et lors d’autres forums internationaux, le Président Correa a fait de nombreux appels aux pays industrialisés pour qu’ils reconnaissent leur co-responsabilité dans le changement climatique mondial et contribuent à cette Initiative, unique au monde.

María Fernanda Espinosa
Ministre Coordinatrice
Ministère Coordinateur du Patrimoine



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