La ville américaine qui vit sans voiture depuis 1898‏

Durée de lecture : 3 minutes

29 août 2013 / CarFree

Aux États-Unis, le pays par excellence de la voiture, il existe encore une ville qui résiste à l’automobile et qui n’a toujours pas levé son interdiction depuis 1898. Il s’agit de la ville de Mackinac située sur l’île du même nom dans l’État du Michigan.


Lorsque les premières voitures automobiles sont arrivées sur la scène mondiale à la fin du 19e siècle, peu de personnes auraient alors imaginé qu’elles allaient conquérir le monde. En fait, certaines villes ont trouvé le bruit et les gaz d’échappement de ces nouvelles « voitures sans chevaux » si rebutants que les premières voitures ont même été interdites dans certains endroits.

Entre temps, bien sûr, les restrictions ont été levées et la voiture est vite devenue omniprésente à travers le pays – mais il y a encore un endroit aux États-Unis, qui n’a pas encore changé d’avis. Bienvenue sur l’île de Mackinac, où les voitures sont interdites depuis 1898.

Située juste au large du Michigan, dans le lac Huron, l’île de Mackinac et sa ville éponyme ont longtemps été un lieu de prédilection pour les escapades relaxantes. Ainsi, lorsque les voitures ont commencé à arriver, beaucoup plus bruyantes, crachant de la fumée, il est vite devenu évident pour les habitants de l’île que cette nouvelle invention n’était pas pour eux.

Un résident de l’époque appelait d’ailleurs ces voitures des « monstres mécaniques », ce qui n’apparaît pas comme une critique spécialement élogieuse.

Naturellement, en 1898, le conseil du village de Mackinac décide alors d’interdire les voitures avant que ces monstres n’assaillent leur île.

Une telle législation peut sembler étrange et un peu vieux jeu, mais sur Mackinac, elle n’a pas encore été abrogée. Alors, quelle est la vie dans un endroit où l’une des inventions les plus révolutionnaires de l’histoire a été proscrite ? Eh bien, c’est très agréable, en fait.

Bien que la petite île est la résidence permanente de seulement 500 personnes, en été ce nombre grossit jusqu’à 15.000 personnes. Mis à part deux véhicules ambulanciers, il n’y a toujours aucune voiture. Les déplacements sur Mackinac se font à pied, avec des chariots tirés par des chevaux et à bicyclette, ce qui contraste agréablement avec la société du tout-voiture située en-dehors de l’île de Mackinac.

« L’air est plus propre et les accidents sont moins nombreux », écrit Jeff Potter, qui a publié un article sur l’île de Mackinac : « Les habitants de l’île sont en meilleure santé grâce à l’exercice. Il y a un égalitarisme important puisque tout le monde se déplace de la même façon. Ils économisent aussi une énorme quantité d’argent. »

Et pourtant, se déplacer sur l’île est un jeu d’enfant. Mackinac abrite d’ailleurs la seule route d’État du pays sans voitures, la M-185 offrant un accès facile à ses 13 kilomètres de côte, débarrassés des parkings ou autres stations d’essence.

Les visiteurs de l’île décrivent leur expérience comme s’ils remontaient dans le temps, avant le vacarme constant de la circulation et les gaz d’échappement caractérisant la vie quotidienne en Amérique.

Mais plus qu’un simple vestige du passé, peut-être que l’île de Mackinac nous offre plutôt un aperçu d’une autre histoire, celle d’une vie sans voitures avant que les monstres mécaniques nous aient si bien apprivoisés.



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Source et photos : CarFree

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