Le Front de gauche et les Verts doivent s’unir

14 avril 2012 / Stéphane Lhomme

« Le Front de gauche, Europe écologie-Les Verts et le NPA doivent s’unir pour construire une vraie alternative à la droite… et au PS »


Actuellement, le Front de gauche est porté par une incontestable dynamique atour de son candidat Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, même si Philippe Poutou et Eva Joly sont aujourd’hui en berne dans les sondages, il ne faut pas oublier que le NPA a connu quelques succès juste après sa création, de même que Europe écologie-Les verts (EELV) lors des élections européennes puis régionales.

Ces trois organisations connaissent donc tour à tour leur « heure de gloire », sans pour autant arriver changer réellement le cours des événements. Les dirigeants du Front de gauche feraient bien de ne pas se griser et d’écouter les aspirations de la base : la dynamique actuelle n’a pas pour objet de consacrer leur supposée « victoire » sur EELV et sur le NPA, mais de créer les conditions d’une véritable alternative à la droite… bien différente de la simple alternance proposée par le Parti socialiste.

Dans ce contexte, le Front de Gauche, EELV et le NPA (et éventuellement d’autres organisations) doivent s’unir dans un ensemble plus grand et plus fort qui pourrait s’appeler le Front de la gauche et de l’écologie.

Après l’élection présidentielle, grand moment d’enthousiasme… et d’illusions, la réalité va reprendre ses droits : certes, Hollande n’est pas Sarkozy, mais la priorité sera dans les deux cas au « remboursement de la dette », afin de « rassurer les marchés », et ce au détriment de toute politique sociale ou environnementale.

Paradoxalement, la situation serait politiquement plus simple si Sarkozy était hélas réélu. Écartons cette hypothèse et plaçons-nous plutôt dans le cas d’un succès de François Hollande. Rien ne serait alors plus dérisoire que de voir, lors de la constitution du nouveau gouvernement puis lors des élections législatives, certains leaders de la « gauche de la gauche » ou de l’écologie faire finalement allégeance au PS.

Il n’est en effet pas envisageable de cautionner la mise en place de politiques antisociales - « justifiées » par le remboursement de dettes dont la population n’est pourtant pas coupable - et anti-environnementales : aéroport de Nantes, continuation du nucléaire, recherche vaine de la croissance (même prétendue « verte »), etc.

Il faut donc balayer le dérisoire accord signé avec le PS par des dirigeants d’EELV désireux de devenir ministres ou députés, de même qu’il est impensable que, après avoir (à juste titre) dénoncé le projet très libéral de Hollande, des gens s’arrangent avec le PS pour les mêmes objectifs de carrière politique.

Le combat pour la justice sociale et celui pour la protection de l’environnement se sont rejoints et sont désormais indissociables. Les principaux pollueurs, les multinationales en tête, sont aussi ceux qui exploitent, licencient, délocalisent. Et les gens plus modestes sont les premières victimes des désastres environnementaux.

Il est grand temps d’agir, et ce dès les échéances électorales (présidentielle et législatives) seront passées. J’invite le Front de gauche, Europe écologie-Les Verts et le NPA à prendre ensemble les initiatives nécessaires pour organiser des États généraux de la gauche et de l’écologie afin de construire enfin le mouvement que de millions de gens attendent.





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Source : Stéphane Lhomme

Photo : 123RF

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