Le Vegetable Orchestra : les légumes comme instruments de musique

Durée de lecture : 2 minutes

11 juillet 2013 / Sébastien Iwansson (Midi : Onze)

A l’ère de la musique électronique, difficile d’être plus décroissant que le Vegetable Orchestra. Ce groupe de onze musiciens autrichiens joue uniquement sur des instruments fabriqués à partir de légumes frais. Avec des instruments aux noms évocateurs de concombrephone, vibrato-courgette et autre cèleri-guitare, cet orchestre extravagant s’est fixé pour but d’explorer le monde sonore qui nous entoure dans la vie quotidienne. À commencer par ce qu’on trouve dans le bac à légumes…


La musique est partout

Fondé en 1998 par des artistes venant d’horizons aussi divers que la musique électronique, pop ou expérimentale ou l’art contemporain, le Vegetable Orchestra affirme que l’« on peut faire de la musique avec presque n’importe quoi », et que « chaque chose possède une qualité acoustique très spécifique et peut permettre d’ouvrir un univers de sons très riches ».

Alors que leurs collègues se contentent de brancher les guitares et accorder leurs fûts, les musiciens du Vegetable orchestra font le marché tous les matins pour acheter choux, carottes, aubergines et autres poireaux, précieuses matières premières nécessaires à la fabrication de leurs instruments éphémères.

« Lorsqu’on est en tournée, selon les saisons et les pays dans lesquels on se trouve, il est parfois difficile de se procurer tout ce dont on a besoin, explique Sandra walkenhofer, manageuse de tournée. Hier par exemple nous avons eu beaucoup de mal à trouver des citrouilles (comprenez : tambours), et c’est encore un peu tôt pour les carottes (flutes entre autres) ». Hormis quelques instruments de percussion pouvant être utilisés tels quels, il faut compter 13 minutes pour sculpter le concombrephone et 30 minutes pour que le carrot recorder prenne vie.

Des supermarchés peu mélomanes

Même si cet orchestre organique n’est pas un chant de révolte végétalien ou un appel à consommer bio, le groupe explique l’importance d’avoir de bons produits : « lorsqu’un instrument se casse, c’est souvent à cause de la mauvaise qualité du légume, d’où l’importance d’aller au marché, les légumes sous plastique de supermarchés ne font pas de bons instruments ! »

Et pour taire ceux qui déplorent un gâchis de nourriture, le Vegetable Orchestra apporte cette précision : « la production de nos instruments nécessite bien moins de ressources et d’énergie que les instruments traditionnels ou les laptop (ordinateurs portables), et ils sont bio-dégradables ». Sans compter que les légumes restants après le concert sont transformés en soupe servie au public.

Et l’orchestre de conclure, avec un brin d’autodérision : “Si vous cherchez vraiment un orchestre de légumes près de chez vous, allez au marché le plus proche et écoutez très attentivement. Vous entendrez le son délicat que font tous les légumes. Il y a des millions d’orchestres de légumes dans le monde, mais aussi des orchestres de pains, de canettes et des symphonies de voitures, de téléphones, de chaussures… »

.......................................................................................

En concert à Paris le 22 septembre au théâtre du Chatelet



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source et photo : Midi : Onze

Lire aussi : Arrêter de jeter les bio-déchets et en faire du compost

12 novembre 2019
Paysans et défenseurs des animaux doivent s’unir contre l’industrialisation du vivant
12 novembre 2019
Pour les jeunes des centres sociaux, « la nature parle mais les hommes ne l’écoutent pas »
13 novembre 2019
EN VIDÉO - Contre le déclin des oiseaux, les naturalistes misent sur le baguage