Le Vilain Grand Canard, un journal pas comme les autres

Durée de lecture : 2 minutes

10 juillet 2014 / Lorène Lavocat (Reporterre)



Marre d’entendre parler de la coupe du monde et de Sarkozy ? Cet été, glissez dans vos valises le dernier numéro du Vilain Grand Canard...


Saviez-vous que la pollution des eaux menace les nymphes et que le réchauffement climatique met en péril le palais du Père Noël ? Oui, la crise écologique touche aussi les peuples du merveilleux. Même si les êtres humains ne les voient plus, les fées et les dragons vivent à nos côtés, et partagent la même planète.

Alors ne les oublions-pas ! C’est l’objectif du Vilain Grand Canard, un journal un peu particulier, spécialisé dans les actualités des mondes merveilleux. Trois fois par an, le magazine propose aux jeunes (dès dix ans) et aux moins jeunes, des informations de sources sûres sur les dernières potions pro-verrue et autres grimoires.

Aux origines du journal Le Vilain Grand Canard, il y a une envie de valoriser un patrimoine culturel et populaire commun. C’est l’univers de l’imaginaire collectif qui est exploré. Quels sont les personnages merveilleux, les lieux, les objets magiques qui nourrissent nos imaginaires ? Quels sont les grands thèmes qui hantent encore nos rêves ?

Ces actualités fictives relatent le quotidien des personnages merveilleux. Elles permettent d’éveiller la curiosité des enfants sur ce qui fait la diversité des cultures. Les lutins par exemple sont très présents sur les anciens territoires celtes, et sont très différents d’une région ou même d’un pays à l’autre ; ils sont imprégnés de l’histoire et de la langue de leur lieu de naissance (ex. le Folletti en Italie, le Pixie en Angleterre, le Korrigan en Bretagne, l’Erduitle en Allemagne,…).

Les différentes versions d’une même histoire nous apportent matière à écrire. Selon Barbara Gobrecht, chercheuse en littérature orale et contes populaires, l’idée même à la base de la démocratie suisse se trouve dans le conte.

L’ambition du Vilain Grand canard n’est pas seulement documentaire. Elle est aussi artistique. L’objectif avoué de l’équipe pluridisciplinaire qui compose les Rapporteuses est de se réapproprier les éléments du merveilleux : détourner les codes journalistiques, jouer avec une matière littéraire et orale parfois poussiéreuse, entrechoquer deux écritures aux antipodes l’une de l’autre et à priori antinomiques, le conte et le journalisme.


Le Vilain Grand Canard, Le seul quotidien annuel des mondes merveilleux (3 n°/an), pour tous à partir de 10 ans, Juin 2014, 3,50 euros.

Le journal est auto-édité par l’association Les Rapporteuses, basée à Villeurbanne. Vous pouvez commander les trois numéros déjà parus sur le site.





Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

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