Le géant Vinci poursuit l’association Agir pour l’environnement

Durée de lecture : 2 minutes

25 mars 2014 / Agir pour l’environnement

Le groupe Vinci poursuit l’association Agir pour l’environnement, qui a squatté le nom de domaine vinci-construction.org.


Faisant suite au dépôt du nom de domaine www.vinci-construction.org par l’association Agir pour l’Environnement, le groupe Vinci-construction a décidé de saisir le tribunal arbitral tchèque afin d’obtenir la propriété dudit nom de domaine.

L’association avait lancé, en date du 18 février 2014, une cybermobilisation en soutien aux opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes, e-manifestation rassemblant plus de 20.000 internautes en moins de 48 heures.

Assignée par le tribunal arbitral tchèque, l’association arguera du fait que l’extension .org associée à cette multinationale n’a rien d’une évidence. Il existe 210 extensions permettant d’identifier le statut d’un site. Entre les .biz, .builders, .com, .compagny, .construction, .entreprise, .equipement, .eu, .eu.com, .fr, .holding, .international, .management, .marketing, .pro, le groupe Vinci n’a que l’embarras du choix et semble assez loin d’être légitime pour obtenir de la justice arbitrale la propriété d’un nom de domaine se terminant par l’extension .org initialement réservée aux associations, ONG et organisations sans but lucratif.

Comme à Notre-Dame des Landes, Vinci tente de s’imposer sur un espace qui ne lui appartient pas légitimement. L’association regrette que l’extension .destructeur n’existe pas ; elle conviendrait parfaitement à un groupe qui multiplie, à grandes lampées de Partenariat Public Privé, des projets inutiles et coûteux !

En 2012, le chiffre d’affaires du groupe Vinci s’est établi à 38 600 000 000 euros. Malgré ce chiffre d’affaires, cette multinationale du BTP n’a pas su investir 9,59 euros pour acquérir le nom de domaine www.vinci-construction.org.

Profitant de cette négligence qui confine à l’incompétence, Agir pour l’Environnement a délibérément cyber-squatté le site de la multinationale et assume pleinement ce geste. Durant plus d’un mois, une e-zad a donc tenu tête à ce mastodonte du béton adepte de l’inhalation au kérosène.

Cette multinationale cherche, en recourant à ce tribunal arbitral à faire taire les voix discordantes et ainsi imposer le silence dans les rangs. Quelle que soit la décision du tribunal arbitral, l’association poursuivra son combat contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.


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Source : Agir pour l’environnement

Lire aussi : Deux millions d’euros dans les poches du PDG de Vinci en 2012.

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