Le gouvernement autorise une mine d’or dans une zone protégée de Guyane

Durée de lecture : 2 minutes

2 janvier 2013 / Christian Roudge (Guyane Nature Environnement)




Le Gouvernement vient de délivrer un permis d’exploitation minière à l’entreprise REXMA, à quelques kilomètres du bourg de Saül, dans un secteur du Parc National interdit à l’activité minière.

Les gouvernements changent mais les incohérences persistent durablement en matière de mines en Guyane.

C’est un coup de théâtre de plus, qui intervient alors que la pièce semblait bel et bien terminée. Le ministre du Redressement productif vient de signer un arrêté octroyant à la société minière REXMA un permis d’exploitation minière de 10 km² sur la Crique Limonade, à quelques kilomètres à peine du bourg de Saül.

Ce secteur n’a pourtant plus aujourd’hui vocation à accueillir une mine industrielle. En effet, le bassin versant de la Crique Limonade fait intégralement partie du Parc Amazonien de Guyane, pour partie en zone de libre adhésion et pour partie en zone coeur du Parc National.

De plus, depuis le 1er janvier 2012 l’ensemble de la zone est interdite aux activités minières de part le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM). Le secteur est par ailleurs l’une des principales portes d’entrée touristique du Parc Amazonien de Guyane.

Rappelons enfin que la délivrance de ce titre intervient dans un contexte d’opposition marquée du territoire. Ainsi dès 2006, la décision ministérielle d’autoriser les recherches minières dans ce secteur avait déclenché la colère de la Commune de Saül, soutenue par la Région Guyane et les associations de protection de la nature.

Pour satisfaire les intérêts particuliers de l’entreprise, le ministre était alors passé outre les avis défavorables du maire, de la Commission départementale des mines et du préfet.

La fédération Guyane Nature Environnement ne comprend pas cette décision ministérielle à contrecourant, intervenant dans une période bien particulière de réforme du Code minier et de passage en consultation de la charte du Parc Amazonien.

Guyane Nature Environnement est d’ores et déjà mobilisée pour attaquer au besoin cette décision en justice afin que la volonté du territoire soit respectée.






Source : Une saison en Guyane

Lire aussi : Une ruée minière mondiale

24 octobre 2020
La 5G, un gouffre énergétique programmé
Tribune
24 octobre 2020
États-Unis : mais pourquoi votent-ils Trump ?
Reportage
17 octobre 2020
On traite les pauvres comme on traite la nature : mal
Tribune