Le massacre routier des amphibiens

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7 février 2009 / LPO Isère



Grenouilles, tritons, salamandres, crapauds sont particulièrement exposés en mars, quand ils traversent les routes lors des migrations printanières.

Depuis 1997, la LPO Isère réalise chaque année, de février à avril, une campagne de protection des amphibiens, avec le soutien du Conseil général de l’Isère.
En effet, crapauds, grenouilles, tritons et autres salamandres se font écraser, parfois par centaines, lorsqu’ils tentent de traverser les routes pour rejoindre les zones humides où ils se reproduisent dès que les conditions sont favorables (février-mars)

Les amphibiens vivent dans les boisements aux alentours des points d’eau. Au printemps, les adultes migrent en direction des marais, étangs et lacs où ils ont l’habitude de se reproduire.
Malheureusement les routes constituent des barrières infranchissables, donnant lieu à de véritables hécatombes, dramatiques pour la survie de populations entières. Les individus qui se font écraser sont autant d’adultes reproducteurs qui ne pourront assurer de descendance.
En outre, notons que les amphibiens migrent la nuit par temps humide. Les écrasements de centaines d’amphibiens sur une chaussée mouillée accentuent les risques d’accidents de la route.

La LPO Isère a recensé plus de 150 tronçons de route meurtriers en Isère.
Pour éviter ce massacre, plusieurs actions sont mises en place.

La solution la plus pérenne est sans conteste la création de passages à petite faune. Il s’agit de tunnels creusés sous la route et permettant à l’ensemble de la petite faune de traverser la route en toute sécurité. Il existe déjà deux de ces passages en Isère, le premier a été construit à Châbons près de l’étang du Grand-Lemps et le second à Bonnefamille. Trois projets devraient voir le jour, le premier sera situé à côté de la tourbière de l’Herretang à Saint-Laurent-du-Pont, ensuite viendront ceux du Cheylas et de Charavines.
Bien que très efficace, la construction de ces aménagements nécessite du temps et des études préalables.
C’est pourquoi, sur six sites d’écrasement prioritaires, la LPO Isère met en place, avec l’aide de ses bénévoles, des filets de capture temporaires le long de la chaussée afin de récupérer les amphibiens avant qu’ils n’accèdent à la route.
Ces « barrières-pièges » sont prospectées chaque jour par des stagiaires et les amphibiens sont déposés sains et saufs de l’autre côté de la route. Cette campagne dure environ deux mois et demande une forte mobilisation bénévole.
Lorsque c’est possible, une solution simple consiste à fermer la circulation routière les nuits de migration et ainsi éviter la construction d’un passage à petite faune. Actuellement, cette solution a fait ses preuves sur les communes de Merlas, Revel et Saint-Martin-d’Uriage.

La campagne menée par la LPO Isère et ses partenaires est donc primordiale et permet de préserver chaque année des populations entières d’amphibiens (voir la Liste rouge des vertébrés de l’Isère).
Les chiffres parlent d’eux même : en 2008, sur les quelque 5000 amphibiens recensés en migration, plus de 4000 ont pu être sauvés sur les six sites suivis.

Chacun peut aider la LPO Isère en signalant des routes sur lesquelles il y a des amphibiens écrasés. Il est également possible de rejoindre l’équipe de bénévoles qui travaille sur cette campagne en nous contactant par téléphone au 04 76 51 78 03 ou par mail à l’adresse [email protected]
Au volant, n’oubliez pas d’être particulièrement vigilants, notamment les jours pluvieux et sur les routes en bordure des forêts.





Source : http://www.isere.lpo.fr/spip.php?ar...

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