Le secteur des énergies renouvelables est en crise économique

Durée de lecture : 4 minutes

12 novembre 2012 / Metrol // Fédération environnement durable




Courriel de Philippe Rocher, Metrol

Selon les experts du Bloomberg New Energy Finance, les investissements réalisés dans le secteur des énergies renouvelables affichent, pour la première fois depuis 8 ans, une baisse de l’ordre de 5 % au 3e trimestre 2012. Outre une diminution des coûts unitaires à puissance égale installée, ce ralentissement serait essentiellement lié à la crise de confiance sur les marchés financiers qui, dans certains pays, vient s’ajouter à l’incertitude réglementaire.

Le cas le plus flagrant est sans doute celui des USA, où certains modes de soutien des renouvelables sont suspendus aux résultats des élections. La France n’est pas en reste, avec un secteur éolien dont le sort a été remis entre les mains de la Cour de Justice Européenne.

Malgré ces perturbations, l’Europe reste en tête, puisque ses 14,2 milliards d’euros d’investissements dans les énergies renouvelables au 3e trimestre 2012 dépassent ceux de la Chine (11,5 milliards) et ceux des Etats-Unis (5,7 milliards).

Dans un contexte de tension accrue sur les banques européennes (les accords de Bâle III leur imposent de doubler leur ratio minimal de fonds propres), quelles sont les solutions bancaires et financières proposées aux acteurs des renouvelables ? Les secteurs d’activité liés au développement de projets EnR sont-ils suffisamment attractifs pour les financeurs potentiels ? Les institutions financières sont-elles en mesure de mobiliser les fonds nécessaires pour atteindre les objectifs EnR de 2020 ? Comment, et à quelles conditions ?


Communiqué de presse de la Fédération environnement durable

Eolien la débâcle

La presse économique envisage la faillite de la société Vestas, le numéro 1 mondial de l’éolien. Les premiers défauts de paiement sont survenus
la semaine dernière. L’action a perdu 90% de sa valeur en un an et le gouvernement danois a déclaré qu’il n’apportera aucune aide. L’entreprise
employait 20.000 personnes qui ont installé plus de 39.000 éoliennes dans 63 pays du monde soit près de 14% de parts de marché.

Vestas avait déjà supprimé 1.900 postes en 2009, 3.000 en 2010. Début 2012 cette société a annoncé 2335 licenciements et elle vient de déclarer récemment
qu’elle pourrait être contrainte de se séparer de 1.600 employés supplémentaires aux USA si le système de crédits d’impôts dans ce pays
n’était pas prolongé. (1)

Les déclarations du Président du syndicat français de l’éolien (FEE) directeur Général de Vestas France affirmant pouvoir créer des dizaines de
milliers d’emplois éolien en France pourraient prêter à sourire si notre pays ne traversait pas une période aussi difficile.

L’espagnol Gamesa numéro 4 mondial est lui aussi en difficulté. Il a annoncé 2.600 licenciements. Un communiqué, lors de l’éviction du Président l’été dernier, avait montré que Gamesa ne maitrisait que 15 % de son carnet de commandes pour 2013. L’action a perdu 50 % de sa valeur en un an et se trouve pratiquement divisée par 10 par rapport à 2010. Le gouvernement espagnol est hors d’état d’apporter la moindre aide directe ou via des subventions.

Par ailleurs la crise économique éolienne risque de devenir incontrôlable depuis que le nouveau ministre de l’énergie britannique a choisi le jour
du congrès des énergies renouvelables britanniques, le 31 octobre 2012, pour annoncer l’arrêt total de la construction des éoliennes terrestres en
grande Bretagne (2). Bien que le premier ministre David Cameron ait réaffirmé immédiatement les engagements de son gouvernement, cette polémique au plus haut sommet d’un État dévoile l’extrême fragilité de cette énergie renouvelable dont la survie peut être remise en cause à tout
instant.(4)

(...)

Elle alerte aussi tous les organismes bancaires concernant les risques de crédit liés aux projets éoliens utilisant souvent des circuits financiers
occultes comme l’a signalé récemment dans un rapport examiné par le Premier Ministre, le Service de Renseignement et d’Analyse sur la Criminalité Organisée, qui s’inquiète officiellement de la pénétration des organisations mafieuses dans le secteur des énergies vertes (6)

........................

Notes :

(1) http://www.bloomberg.com/news/2012-...

(2) http://www.bloomberg.com/news/2012-...

(3) http://www.bloomberg.com/quote/GAM:...

(4) http://www.dailymail.co.uk/debate/a...

(5) http://www.bbc.co.uk/news/uk-20150316

(6) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/21/01016-20121021ARTFIG00170-cinq-organisations-criminelles-etrangeres-sous-surveillance.php]






Source :
- Courriel à Reporterre de [Metrol]
- Communiqué de la Fédération environnement durable

Consulter par ailleurs le Dossier : l’éolien est-il écologique ?

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