Le sous-préfet bio applique la loi, mais est-elle légitime ?

Durée de lecture : 2 minutes

1er novembre 2012 / Sophie Verney-Caillat (Rue 89)


- Reportage, Notre-Dame-des-Landes

Ce mercredi matin 31 octobre, un drôle de dialogue s’est engagé à Notre-Dame-des-Landes : d’un côté, les manifestants qui luttent contre la construction d’un nouvel aéroport ; de l’autre, le directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique, Patrick Lapouze, qui commandait les opérations policières sur le terrain. Chacun a tenté de raisonner l’autre.

Pour justifier les jets de pierre, la rhétorique des manifestants est bien rodée :

« Ce n’est pas de la violence, mais de la contre-violence. On résiste aux agresseurs. »

Celle de la préfecture aussi :

« Les forces de l’ordre apportent leur concours aux huissiers afin de faire appliquer la décision de justice contre ces occupations illégales. Il s’agit de rétablir l’ordre républicain, de faire appliquer la loi. »

Mais doit-on appliquer les ordres quand ils sont illégitimes ? C’est en substance ce que les manifestants ont demandé au directeur de cabinet.

Quand le grand commis de l’Etat tombe le masque et raconte qu’il mange bio, il se fait traiter de « bobo » en retour. Difficile de faire entendre à ces manifestants qu’ils feraient mieux de gentiment pétitionner pour demander que soit revu le projet d’aéroport.

Barricades contre grenades lacrymogènes

La guérilla champêtre entamée le 16 octobre à Notre-Dame-des-Landes se poursuit. La nuit, les opposants à l’aéroport construisent des barricades pour protéger leurs maisons et leurs cabanes. Au petit matin, les forces de l’ordre détruisent les barricades, font reculer les opposants à coups de grenades lacrymogènes. Ceux-ci lancent des pierres, à la main ou avec des frondes.

Parfois, comme le mardi matin, 30 octobre, les gendarmes lancent des grenades détonantes et utilisent des flashballs. Il arrive aux insurgés d’envoyer des cocktails Molotov sur les véhicules envoyés par le conseil général pour déblayer les routes.

Sur place, j’ai entendu courir beaucoup de bruits, invérifiables : des flashballs auraient été utilisés à tir tendu sur les parties sensibles des manifestants, des gendarmes auraient lancé des bouteilles sur les manifestants... Ce mercredi, le seul blessé officiellement déclaré est un gendarme, qui est tombé d’un arbre en allant déloger un manifestant.



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Source : Rue 89

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