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Le sport, dopant de la mondialisation

24 mars 2016 / Laurent Delcourt



Aux antipodes des valeurs de l’olympisme, le sport est devenu un grand marché et une industrie extrêmement lucrative à l’échelle de la planète : 3 % du commerce mondial, 650 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 4 à 5 % de croissance annuelle.

Produit, reflet, voire accélérateur de la mondialisation, le sport-business lui imprime ses logiques marchandes, ses dynamiques clivantes et ses dérives mafieuses : financiarisation à outrance, privatisation et capitulation des pouvoirs publics, affairisme, corruption, concentration des revenus dans les mains d’un nombre limité d’opérateurs, distribution inégale des recettes et des performances sportives qui recoupe les écarts économiques existants, etc.

Forts d’une extraordinaire couverture médiatique, les méga-événements sportifs apparaissent comme le « stade suprême » de cette compétition inégale. Spectacles globaux par excellence, ils constituent un rite de passage pour les économies émergentes et participent à leur stratégie de valorisation internationale. Revers de la médaille ? Expulsions et destruction de quartiers défavorisés, reconfiguration des espaces urbains au profit du secteur privé, mise en place de « juridictions d’exception », délimitation de zones d’exclusion commerciale, explosion des dépenses publiques pour satisfaire les exigences des fédérations… Une fois le rideau tombé, les pays hôtes doivent souvent déchanter.

Çà et là, des mouvements sociaux s’organisent pour dénoncer les coûts sociaux et humains de ce détournement de l’esprit du sport et de ses fonctions d’intégration.


- Sport et mondialisation par Laurent Delcourt, CETRI, Syllepse, 180 p., 13 €.

- Source : CETRI, Syllepse




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