Le téléphone portable menace la santé des voyageurs du TGV

Durée de lecture : 3 minutes

24 avril 2011 / Robin des Toits

La SNCF voudrait installer des relais GSM le long des voies de TGV pour faciliter l’usage du portable. Mias cela soumettrait les voyageurs à des ondes électromagnétiques à un niveau dangereux.


A l’attention de Monsieur Jean-Luc ARGUEDAS
Président
Société SYNERAIL Construction
280 rue du 8 Mai 1945
78360 MONTESSON

Copie à :
Monsieur Hubert DU MESNIL, Président de RFF
Monsieur Guillaume PEPY, Président de la SNCF

Monsieur le Président,

En réponse à l’inquiétude soulevée par des usagers de la SNCF, et
depuis le lien mis en ligne sur le site Synerail, l’association
nationale Robin des Toits a pris connaissance de votre projet de
faisceau GSM le long des voies TGV.

Contrairement aux affirmations d’innocuité sanitaire présentées dans
la plaquette de Réseau Ferré de France (RFF), nous nous permettons de
lancer l’alerte sur le danger auquel ce projet expose le public.
Si louable soit-elle, l’intention d’équiper les trains de réseau GSM
nous semble particulièrement sujette à questionnements.

Les valeurs auxquelles vous proposez d’exposer le public (1V/m en
moyenne, jusqu’à près de 3V/m), correspondent au même risque que si
vous soumettiez leur corps entier au rayonnement maximal d’un iphone
en communication, lequel a un effet thermique au-delà de 6 minutes
d’exposition, mais sur 3H de trajet, à une vitesse de 300km/h, par
pointes considérables lorsqu’on se rapproche de l’antenne. De plus,
vous ignorez le champ auquel le public s’expose naturellement dans les
transports en commun à cause des rayonnements des téléphones : parfois
plus de 10V/m dans un métro en sous-sol et en mouvement ! (Mesures
Robin des Toits). De plus, AUCUNE étude n’a été effectuée sur l’impact
sur l’effet Doppler des micro-ondes, qui sans nul doute résultera en
exposition en un cocktail d’interférences aux conséquences
imprévisibles tant sur la santé que sur les technologies.

Vous allez immanquablement perturber durablement l’environnement CEM
autour des antennes : maisons, hôpitaux, appareils de précision - les
vôtres compris (GPS, radios, onduleurs, appareils de sécurité,
thyristors et autres équipements électrotechniques à bord du train
notamment) ; de tels seuils d’émissions mettent en danger la santé et
la sécurité de tous ceux qui vont vivre ou passer près de ces antennes.

Quant à l’impact sur la santé, nombre de gens rapportent être atteints
de syndromes qui les rendent sensibles à des niveaux d’ondes pulsées
comprises entre 600MHz et 6GHz, qui comprennent donc les ondes de la
téléphonie mobile, dès deux minutes d’exposition à un niveau supérieur
à 0,6V/m. Vous êtes-vous préparé à l’éventualité d’avoir à faire face
à leur mécontentement, quand ceux-ci se seront rendus compte que de
tels niveaux d’exposition leur interdisent purement et simplement de
prendre le train ?

Nier l’impact évident de la prolifération d’une nouvelle pollution mal
comprise et mal maîtrisée ne vous permettra pas de gagner la confiance
du public, encore moins en vous appuyant sur la très contestée
expertise de l’AFFSET et du Ministère de la Santé , dont les scandales
auxquels ils sont liés dans l’affaire, entre autres, du Mediator,
démontrent leur attachement à la protection de l’industrie et prouvent
qu’ils ne s’engagent pas clairement en faveur d’une nécessaire
protection du public.

Demandez-vous si vous servez les intérêts du public ou ceux des
vendeurs de matériel téléphonique, dont les intérêts sont financiers,
et de très court terme, qui vont vous encourager à installer leur
matériel, quitte à ce que vous ne puissiez pas vous en servir par la
suite.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

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Source : Communiqué de presse.

Première mise en ligne sur Reporterre le 18 avril 2011.

Contact : http://www.robindestoits.org

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