Le vaillant combat d’une librairie de la nature

Durée de lecture : 2 minutes

10 mai 2014 / Flora Chauveau (Reporterre)

Les librairies peinent face aux sites d’achat sur Internet, tels qu’Amazon. A Tours, Lire au jardin vend des ouvrages sur la nature et les plantes. En difficulté, elle fait appel à son réseau pour résister.


- Tours, correspondance

La librairie Lire au jardin, à Tours, est toute en longueur et baignée d’une lumière claire. Les plantes vertes se sont fait une place sur les étagères de bois, entre les livres sur le végétal, les paysages, la danse ou la cuisine. Cette librairie a été créée il y a dix ans par Alain Renouf et sa compagne Colette Crevet, tous deux documentalistes.

Lire au jardin pourrait ne pas fêter ses dix ans, cet été. Les temps sont durs pour les petites librairies. Les gens achètent moins de livres et se tournent vers les sites d’achat sur Internet. « On a fait des choix » déclare Alain Renouf. Leur choix, c’est de vendre des livres qui leur plaisent, pas des best-sellers.

L’histoire commence en 2004. Alain travaille alors au domaine de Chaumont-sur-Loire, où se déroule chaque année un festival des jardins. Il y murit une réflexion sur le rapport des hommes au végétal et à la nature. « Ce travail m’a permis à côtoyer des gens de tous milieux : du monde médical à la cuisine » raconte-il. Un licenciement économique le pousse à envisager de monter sa propre structure.

Le documentaliste crée alors sa librairie spécialisé, Lire au jardin. Colette Crevet, moins intéressée par les plantes que par la danse, y ajoute sa touche à travers un rayon dédié au mouvement et au corps. Le couple enrichit enfin sa librairie de quelques bandes dessinées, de romans d’occasion, de livres pour enfant. « On est curieux, dit le libraire. Par exemple, on vend des ouvrages sur le vélo, parce que c’est quelque chose qu’on aime bien. »

Mais tenir un commerce éthique n’est pas chose facile. « Beaucoup de personnes m’ont mis en garde en me disant que créer ma librairie serait vraiment trop dur », raconte Alain Renouf. Le couple met beaucoup d’énergie à faire vivre sa boutique.

Régulièrement, ils organisent des lectures publiques, mettent en place des expositions, accueillent des trocs de plantes. Peu à peu, ils ont créé un réseau. « Ce sont des gens très engagés par nature, donc ils nous soutiennent vraiment » déclare Alain Renouf. Il leur a lancé un appel, afin de trouver une solution pour faire face aux difficultés financières. « Par essence, la passion n’est pas raisonnable. »


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Source et photos : Flora Chauveau pour Reporterre

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