Le vin bio se porte de mieux en mieux

Durée de lecture : 3 minutes

24 septembre 2014 / Jean-Pierre Stahl (France 3)

L’alimentation bio s’ancre profondément dans la société française. Et le vin est le fer de lance de ce mouvement. De plus en plus de vignobles se reconvertissent partout en France, et notamment en Aquitaine, qui compte 730 viticulteurs en bio.


730 viticulteurs bio en Aquitaine…Un nombre encore jamais atteint. En France, plus des 3/4 des surfaces de vignes Bio et en conversion sont concentrées dans quatre grandes régions : Languedoc-Roussillon, PACA, Aquitaine et Rhône-Alpes.

Philippe Aubertin, directeur d’exploitation, nous reçoit en cette période de vendanges au château Saint-Robert à Pujols-sur-Ciron en Gironde. Une propriété tout juste reprise par les familles Moulin et Cathiard.

Château Saint-Robert, c’est 35 ha en blanc et en rouge : 6 ha de blanc, 29 de rouge. Les blancs sont plantés à 75 % de sauvignon, 24 % de sémillon et 1 % de muscadelle. Pour les rouges : 50 % merlot, 40 % de cabernet sauvignon et 10 % de cabernet franc.

C’est toutefois la première année que le château va sortir son premier millésime bio en blanc, car la conversion a commencé en 2010. Entre 2008 et 2012, il y a eu un grand boom des conversions, depuis le rythme diminue un petit peu. Ainsi, on compte désormais 730 viticulteurs Bio en Aquitaine répartis sur 9642 ha de vignes dont 2593 en conversion (Source Agence Bio 2013), ce qui représente 7 % du vignoble.

Avec le Bio, "on voit des vignes qui réagissent différemment, des sols qui sont couverts d’herbes. Des sols qui sont vivants, où il y a des animaux, de la végétation... et la vigne, on a des arômes au niveau des grappes de raisin qui sont différents de ce qu’on avait avant", selon Philippe Aubertin.

Bien que ce soit l’appelation d’Irouleguy qui soit la première de la classe : 40 % du vignoble est là-bas en Bio, la Gironde commence à prendre conscience des traitements plus respectueux de la terre et de l’environnement. Pas de pesticides, mais plutôt des traitements préventifs à base de bouillie bordelaise. Les viticulteurs se targuent aussi d’avoir « 30 à 50 % de sulfites en moins dans leurs bouteilles… », selon Philippe Aubertin.

Des grands crus en Bio

Chez les grands crus classés, château Palmer vient tout juste de rejoindre les vignobles estampillés Bio. Mais, il y a eu des démarches de précurseurs comme à château Guiraud, premier cru classé de Sauternes, qui s’y est mis progressivement depuis 1996 et a été certifié Bio en 2011.

"C’est le seul des premiers crus classés certifiés en Bio ! C’est toute une démarche. Comment recréer les conditions d’un équilibre écologique. Nous avions avant 200 insectes recencés sur le domaine, depuis que nous sommes en Bio, on en a 600 ! » Xavier Planty, gérant du château Guiraud.

Et d’ajouter : « La lisière naturelle est ici très forte avec chênes et chataigniers. Nous sommes riches en biodiversité, et nous avons recréé une zone humide et des haies. On recrée des éléments écologiques qui nous aident. »

« Depuis, on obtient des vins plus puissants, plus forts, plus minéraux, plus tendus ! » La charte des Bio, c’est de ne pas mettre de désherbants. C’est un enherbement naturel. On travaille avec des compostes liquides, on permet au sol de recréer sa microflore. »

Et Xavier Planty continue d’enfoncer le clou : « L’hiver on est toujours enherbé, on est gagnant à 100 %, il y a zéro érosion… »


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Source : France 3

Photo : Wikipedia (BerndtF / CC BY-SA 3.0)

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