Le vote électronique entrave la démocratie

Durée de lecture : 2 minutes

18 septembre 2009 / Syndicat national de l’enseignement supérieur

Des parlementaires tentent discrètement d’imposer le vote électronique dans les universités.


Un projet de loi d’initiative parlementaire, autorisant le vote à
distance par voie électronique pour l’élection des membres (personnels et étudiants) des conseils des EPCSCP, a été récemment divulgué. Il sera soumis aux votes des députés le 28 septembre prochain lors de la session extraordinaire du Parlement.

Cette disposition s’appliquerait à tous les collèges électoraux des
EPCSCP, personnels et étudiants. Le SNESUP-FSU, première organisation de l’enseignement supérieur, n’a été consulté d’aucune manière et ce vote prévu dans la précipitation constituerait un nouveau passage en force de la majorité présidentielle et du gouvernement.

De multiples raisons motivent notre opposition à ce projet de loi :

o Les rares expériences de vote électronique montrent que la
participation est plus faible en comparaison à un vote par
correspondance ou sur place. L’exemple du vote au conseil
d’administration du CNRS en baisse de 12 % de participation est éloquent, comme le vote aux élections prud’homales à Paris. Au contraire, les personnels, attachés à la collégialité ont participé largement aux élections dans les bureaux de vote sur place pour les conseils centraux d’université lors des derniers scrutins et le taux de participation aux élections par correspondance (CNESER, CNU) est fort, particulièrement chez les professeurs.

o Faute de véritable contrôle par les électeurs de la sincérité
du scrutin, mais aussi des risques de bugs informatiques ou de
fraudes, c’est la sincérité même du scrutin qui pourrait être mise en
cause.

o L’absence d’isoloir rend la confidentialité du vote discutable et
les pressions sur le vote sont potentiellement plus fortes.

o La suppression du vote par procuration pourrait exclure du vote de
nombreux collègues en missions.

En outre, la mise en place d’un tel système de vote nécessiterait des
moyens techniques et des personnes qualifiées. Quel coût de mise en place ? Quelles ressources seront mobilisées ? Et le recours à la
sous-traitance par des entreprises privées est problématique.

De plus, la ministre par voie de presse n’a pas manqué de dévoiler les
objectifs réels de ce projet : utiliser le vote électronique pour briser
le mouvement étudiant et notamment le blocage des universités.

Pour le SNESUP, le vote à distance par voie électronique ne constitue pas, au jour d’aujourd’hui, ni une solution fiable, ni un progrès pour la vie démocratique de nos établissements. Il ne peut se substituer à la possibilité de vote « papier », avec possibilité de vote par procuration,
actuellement possible. En conséquence, il demande que ce projet soit
retiré.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://www.snesup.fr/Le-Snesup/L-ac...

19 juillet 2019
Sans vergogne, la publicité exploite le filon écolo
Info
9 juillet 2019
À Marseille, les quartiers nord ont aussi droit aux légumes bios
Reportage
15 juillet 2019
Le 20 juillet, une marche pour soutenir le « combat Adama » et « riposter à l’autoritarisme »
Tribune