Les Cris du Québec refusent l’exploitation de l’uranium

Durée de lecture : 3 minutes

22 août 2012 / Presse toi à gauche



Le gouvernement libéral du Québec veut ouvrir le nord de la province à l’exploitation minière. Le peuple cri a décidé un moratoire sur l’exploitation de l’uranium sur son territoire.


Plusieurs individus et groupes réclament un moratoire sur les mines d’uranium au Québec depuis quelques années. L’architecture du Plan Nord et son élaboration coïncide avec le désir des compagnies minières d’exploiter l’uranium pour une première fois au Québec.

Cette semaine, [10 août] les Cris sont passés des paroles aux actes en « déclarant un moratoire permanent sur l’exploration de l’uranium, l’exploitation minière de l’uranium et l’emplacement de déchets d’uranium dans Eeyou Istchee, le territoire cri de la Baie James. Le moratoire permanent a été décrété à l’unanimité par l’Assemblée générale annuelle de la Nation crie. »

Les cris prendront « toutes les mesures nécessaires et appropriées qui peuvent être raisonnablement exigées pour assurer la reconnaissance et la mise en oeuvre complète et immédiate du présent moratoire ». Fait à noter, cette nation occupe près de la moitié du territoire visé par le Plan Nord.

Jean Charest asperge les tribunes d’un discours « plan-nordien ». Force est de constater les critiques de plus en plus nombreuses sur son modèle de développement et la barricade populaire devant l’uranium. Le Plan Nord tel que présenté par le parti Libéral est selon nous, impossible à actualiser sans l’appui de l’armée ou de toutes autres formes de répressions étatiques. La question de la démocratie est une fois de plus posée. Cette semaine, ce n’est pas le gouvernement qui a décidé, imposé et légiféré mais les communautés Cries. Nous exprimons aujourd’hui notre solidarité et notre appui inconditionnel au moratoire décrété par les Cris.

............................

Extrait de la résolution :

ATTENDU QU’il n’existe aucune façon indépendamment établie ou objectivement connue d’atténuer efficacement ces risques sur les échelles de temps applicables à l’exploitation minière, la concentration, le raffinage et le transport de l’uranium, ainsi qu’aux déchets miniers d’uranium radioactifs et toxiques, à savoir des centaines de milliers d’années, et qu’en fait ces questions soulèvent de sérieux doutes, surtout lorsqu’elles ont touché d’autres peuples autochtones dans leurs terres et leurs eaux ;

ATTENDU QUE le peuple et la Nation crie de Mistissini, la première communauté Crie située à proximité d’un projet d’exploration et d’exploitation uranifères, a exprimé son opposition totale à ces activités et a demandé au Grand conseil des Cris et à l’Eeyou de l’appuyer dans cette opposition :

À CES CAUSES, IL ESTSOLU QUEEYOU, LA NATION CRIE DE LA BAIE JAMES :

1. Déclare et décrète un moratoire permanent sur tout exploration, exploitation minière, concentration, raffinage et transport de l’uranium et tout emplacement de déchets d’uranium dans Eeyou Istchee ;

2. Autorise et charge le Grand conseil des Cris (Eeyou Istchee), le Grand chef et le Conseil de l’Administration régionale crie de prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées qui peuvent être raisonnablement exigées pour assurer la reconnaissance et la mise en œuvre complètes et immédiates du présent moratoire permanent dans Eeyou Istchee et pour donner effet à la présente résolution de l’Assemblée de l’Eeyou.






Source : Presse toi à gauche

Lire aussi : Le Plan nord du Québec au service des affairistes

2 mars 2021
Avec Starlink, Elon Musk innove dans la pollution
Enquête
23 février 2021
Comment un traité signé en 1994 plombe la transition écologique
Info
2 mars 2021
Audrey Pulvar, il est temps d’être vraiment écologiste
Édito