Les Français veulent « réformer le capitalisme en profondeur »

Durée de lecture : 4 minutes

10 janvier 2009 / TNS Sofres

Sacrés Français ! Ils sont les plus radicaux des Européens, selon un sondage TNS Sofres, et ne font pas confiance aux gouvernants pour changer le système.

  

A l’occasion du Colloque « Nouveau Monde, Nouveau Capitalisme » qui se tient les 8 et 9 janvier à Paris, Eric BESSON, Secrétaire d’Etat à la Prospective, à l’Evaluation des politiques publiques et au Développement de l’économie numérique, a demandé à TNS Sofres d’évaluer, au-delà de la crise, la perception du grand public à l’égard de l’avenir du système capitaliste en Europe.

TNS Sofres a réalisé une étude auprès de la population de 5 pays : France, Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Espagne. Une analyse complémentaire a été effectuée pour la France auprès des chefs d’entreprise de plus de 10 salariés.

En voici les principaux résultats :

Comment la crise actuelle est-elle perçue ?

L’ensemble des 5 pays européens interrogés est unanime : 81% estiment que cette crise remet en cause nos valeurs et nos façons de vivre. C’est notamment un sentiment partagé par 87% des Espagnols et des Anglais, 82% des Suédois, et dans une moindre mesure par 79% des Allemands et 74% des Français.

Au-delà de la crise, quel regard les 5 pays européens interrogés
portent-ils sur le capitalisme ?

 Doit-il être réformé, ou non, en totalité ou pas ? 52% des Européens souhaitent une réforme du système capitaliste sur quelques points (contre 31% une réforme en profondeur). L’opinion publique française se singularise : seuls 38% des Français veulent une réforme sur quelques points seulement, tandis que la majorité d’entre eux réclame une réforme en profondeur (53%).

Les pronostics des populations des différents pays montrent un certain scepticisme quant à la capacité du capitalisme à se réformer. Ainsi, 7% des Européens interrogés pensent que le système capitaliste sera réformé en profondeur (alors qu’ils sont 31% à le souhaiter) tandis que 35% estiment qu’il ne sera pas réformé (contre 11% qui le souhaitent).

Une demande d’intervention de l’État

Une majorité des personnes interrogées (51%) considère que l’État n’intervient pas assez dans la vie économique de leur pays. Cependant, des disparités existent entre les pays. En France, 59% de nos compatriotes estiment que l’État n’intervient pas assez dans la vie économique, et seulement 42% des chefs d’entreprise. A l’inverse, seuls 38% des Espagnols et 24% des Suédois pensent que l’État n’intervient pas assez.

Même configuration pour la protection sociale où l’intervention étatique est jugée insuffisante par 53% des populations européennes interrogées. En France, toutefois, les chefs d’entreprise jugent que l’État intervient trop (36%) ou comme il faut (36%).

Et une aspiration au retour des valeurs humanistes
face à l’individualisme et au consumérisme

La consommation, l’individualisme et la recherche de la performance sont les valeurs qui ont pris le plus de place, selon les populations des 5 pays (respectivement 70%, 62% et 56% au niveau global), au cours des dernières années.

Mais lorsqu’ils s’expriment sur les valeurs qu’il faudrait privilégier dans les années à venir, le classement place au premier rang les valeurs collectives : le respect d’autrui (91%), le sens de la famille (88%) et la responsabilité individuelle (81%) constituent le peloton de tête.

Dans ce contexte de crise et méfiance,
vers qui se tourner pour améliorer les choses ?

Dans les 5 pays européens, ce sont les acteurs suivants qui inspirent le plus confiance : les gouvernants (39%), les scientifiques (37%) et les enseignants (35%).

En France, 39% des Français (et 61% des chefs d’entreprise) pensent que cette amélioration viendra d’eux-mêmes. Les scientifiques remportent également leurs suffrages (39% des citations). Viennent ensuite les associations de citoyens (36% des réponses). Seuls 30% des Français citent les gouvernants.

A propos de l’étude « nouvelles formes du capitalisme »
Etude réalisée par téléphone par TNS Sofres entre le 9 et 18 décembre, auprès d’échantillons représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus dans les pays suivants : Royaume-Uni (963 individus), France (952), Allemagne (942), Suède (485) et Espagne (956). Pour le volet chefs d’entreprise, un échantillon représentatif de 300 entreprises de plus de 10 salariés.

 

 

 


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://www.tns-sofres.com/espace-pr...

5 juillet 2019
« Les canicules ne sont plus des phénomènes naturels »
Entretien
20 juillet 2019
Tour de France : l’équipe Ineos, championne du plastique polluant
Enquête
20 juillet 2019
Radio Bambou : Les pollinisateurs, ces cupidons des fleurs
Chronique