Les Verts sont-ils en train de rentrer dans le nucléaire ?

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1er novembre 2011 / Laurent Samuel



Cécile Duflot, a parlé d’« ouverture de l’horizon d’une sortie du nucléaire ». Cette évolution sémantique indique-t-elle l’abandon de la sortie du nucléaire comme préalable à un accord Verts-PS ?


Dans une interview au Journal du Dimanche, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a parlé, non plus de sortie du nucléaire - mot d’ordre habituel de son organisation -, mais d’« ouverture de l’horizon d’une sortie du nucléaire ».

Peu remarquée sur le moment, cette évolution sémantique semble bien indiquer l’imminence de l’abandon de la sortie du nucléaire comme préalable à un accord Verts-PS. Au choix, on qualifiera ce changement de repli stratégique (au nom du réalisme et du souhait d’une victoire de François Hollande à la présidentielle) ou de capitulation en rase campagne.

De fait, si l’on en croit un article publié dans Le Monde daté du 29 octobre, le PS et Europe Ecologie-Les Verts sont déjà près de sceller un accord électoral. Un accord qui, selon le quotidien, ne prévoit pas « de ’sortie’ du nucléaire mais des fermetures de centrales ».

« Les socialistes ont dû concéder la fermeture de quelques centrales (une demi-douzaine ?) parmi les plus anciennes, comme celle de Fessenheim », affirment les auteurs de l’article, Anne-Sophie Mercier et David Revault d’Allonnes. « Le coût de son redémarrage ayant été évalué entre 1 et 2 milliards d’euros par la Cour des comptes, et sa fermeture quasiment acquise, même pour la majorité en place, cette seule concession n’a pas été jugée suffisante par EELV. Les centrales de Chinon et de Bugey sont donc sur la sellette, mais pas seulement. »

Une posture devenue radicale

Même l’abandon de l’EPR de Flamanville, bête noire des Verts, n’est pas acté. « La question de l’EPR de Flamanville n’est pas réglée : les écologistes estiment que ’la porte reste ouverte’, tandis que les socialistes se refusent à tout commentaire. »

Certes, il ne faut pas aller trop vite en besogne. Le leader Vert Denis Baupin, dans les colonnes de Sud-Ouest du 30 octobre, dément qu’un accord doit déjà « ficelé », avec cet argument surréaliste : « Nous sommes tous en vacances » (entre l’accord européen de la semaine dernière et le G20 de la semaine prochaine, est-ce bien le moment ?).

Mais tout se passe comme si la « sortie du nucléaire » était en passe de devenir, pour le parti des Verts, l’équivalent de la « sortie du capitalisme » pour une partie de la gauche : une posture radicale qui vise à dissimuler des arrangements politiciens, en l’occurrence la garantie d’obtenir un nombre conséquent de circonscriptions et peut-être quelques ministères.

Quelle place pour Eva Joly ?

Reste que ce recul atomique prévisible n’arrangera pas les affaires d’Eva Joly, dont la cote dans les sondages n’est déjà pas fabuleuse (4,5 % selon la dernière enquête IFOP pour le Journal du Dimanche), et qui centre précisément sa campagne sur le nucléaire (avec son récent voyage à Fukushima, où elle invite François Hollande à se rendre avec elle), au détriment d’autres thèmes comme le changement climatique ou la biodiversité.

La candidate verte risque ainsi de se faire doubler sur sa gauche par le NPA, qui préconise la sortie du nucléaire en 10 ans, par Jean-Luc Mélenchon qui propose un référendum, et sur son centre, par Corinne Lepage, dont le mot d’ordre est le renoncement à toute construction de nouvelles centrales. Sans compter tous ceux qui, confortés par l’accord PS-Verts, préféreront voter dès le 1er tour pour François Hollande.

Bref, entre leur aubryphilie galopante d’il y a quelques semaines et cette sortie possible de la « sortie du nucléaire », la tactique du parti vert semble de plus en plus s’inspirer de Pierre Dac : la sortie du nucléaire, on « peut le faire »... Mais en attendant ces lendemains qui chantent, on préfère des sièges à l’Assemblée !






Source : http://leplus.nouvelobs.com/contrib...

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