Les cabines téléphoniques aussi ont droit à une deuxième vie

Durée de lecture : 5 minutes

19 juillet 2014 / Usbek & Rica

Avec l’essor du portable et des nouvelles technologies de communication, les cabines téléphoniques disparaissent progressivement de nos paysages urbains. Mais plusieurs villes ont trouvé des voies de recyclage : petit tour du monde des innovations.


En Belgique, en Suède et aux Pays-Bas, elles ont totalement disparu. En France, en revanche, les cabines téléphoniques font encore de la résistance. Mais leurs jours sont comptés. Orange a prévu de démanteler d’ici 2016 toutes celles qui ne relèvent pas du « service universel des communications électroniques » (obligation d’entretenir au moins une cabine par commune et une deuxième pour les communes de plus de 1000 habitants).

Pour éviter la disparition totale de ces drôles de boîtes qui ont transformé le paysage urbain dans les années 1970, les opérateurs et les citoyens français pourront toujours prendre exemple sur certaines initiatives étrangères. De New York à Prague en passant par l’Angleterre, un certain nombre de villes se sont en effet mobilisées ces derniers mois pour éviter à leurs cabines une fin tragique.

À New York, des bornes wi-fi

En mai 2014, le nouveau maire de New York Bill de Blasio a annoncé son intention de transformer les quelques 7000 cabines téléphoniques de la ville en bornes wi-fi gratuites. Un appel d’offres a été lancé pour mener à bien les travaux qui pourraient permettre à Big Apple de revendiquer le plus large réseau de wi-fi gratuit des États-Unis. Cette annonce n’est pas une surprise puisqu’en 2013 New York avait déjà transformé temporairement une dizaine de cabines en bornes Internet, pour un coût estimé à environ 2000 dollars par cabine.

Ces travaux seront aussi l’occasion d’offrir un relooking aux vieilles cabines new-yorkaises, en aménageant notamment des écrans tactiles, des bornes pour recharger son téléphone et des espaces publicitaires. À New York, la cabine téléphonique du futur sera donc modulable, sur le modèle des projets proposés en 2013 lors d’un concours de création organisé par la ville. À l’époque, le projet NYC Loop proposait ainsi de transformer les cabines en photomatons au look futuriste, faisant aussi office de parking à vélo et de banc public.

Autre projet ayant marqué les esprits : le NYC Beacon, qui consistait à aménager un panneau tactile de 3,60 mètres fonctionnant à l’énergie solaire et fournissant aux citadins des infos en temps réel sur leur ville (état de la circulation, exposition aux pollens, parcs à proximité…) dans une logique d’open data.

En Autriche, des bornes de recharge pour véhicules électriques

En 2010, l’opérateur Telekom Austria, propriétaire des quelques 13 500 cabines téléphoniques du pays, en a transformé quelques-unes en bornes de recharge pour alimenter les véhicules électriques (compter 6h30 de charge pour une voiture et 20 minutes pour un vélo). Le coût de transformation d’une vieille cabine en borne électrique ne dépasserait pas 3000 dollars, d’après l’opérateur.

Un projet similaire a vu le jour en Espagne, dans la banlieue de Madrid. Grâce à une carte pré-payée, les possesseurs de véhicules électriques peuvent recharger leur engin sur une ancienne cabine téléphonique située au pied du siège de l’opérateur Telefonica.

En Angleterre, des mini-bibliothèques

Propriétaire des célèbres cabines rouges, l’opérateur téléphonique British Telecom a lancé en 2008 l’opération Adopt a Kiosk. Le principe : permettre aux collectivités de devenir propriétaires de ces emblèmes du patrimoine local en échange d’une livre symbolique.




Source : Demain la ville

Images :
- Chapo : wikipedia
- Cabine-bibliothèque : John Spooner

Lire aussi : Des milliers d’ordinateurs à recycler - et un savoir à transmettre

16 novembre 2019
Les Gilets jaunes ont forcé la mue sociale du mouvement écologiste
18 novembre 2019
Gilets jaunes, un an : une féroce répression contre l’union des colères
16 novembre 2019
La Maison des peuples ouverte à Paris XXe a été évacuée par la police