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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Les sécheresses de l’été réduisent la production agricole


Du fait des sécheresses sur trois continents, les réserves des principales denrées alimentaires (riz, blé, maïs, soja) baisseront à leur plus bas niveau depuis 4 ans, entraînant des hausses de prix pour un montant global de 1240 milliards de dollars, selon l’organisation des Nations Unies. Aux Etats-Unis, le plus grand exportateur mondial de céréales, la récolte n’a jamais été aussi mauvaise depuis 2008 et en Inde, les précipitations sont 20% en-dessous de leur niveau normal.

Les Nations Unies s’inquiètent d’une nouvelle hausse des prix deux ans à peine après la hausse des denrées alimentaires de 2008 qui avait entraîné 44 millions de personnes dans une extrême pauvreté. En revanche, pour les investisseurs, les produits financiers basés sur la production agricole comptent parmi les plus performants et la tendance ne devrait pas s’inverser.

Parallèlement, une étude dirigée par James Hansen du Goddard Institute de la Nasa, montre que les épisodes très chauds et très secs et leurs cortèges de gigantesques feux de forêt, comme celui de cet été 2012 aux Etats Unis, celui de 2010 en Russie, ou de 2003 en Europe, sont le résultat du réchauffement climatique. Jusqu’alors les scientifiques étaient plutôt prudents, et l’association d’un phénomène météorologique extrême (sécheresse, vague des chaleurs, pluies diluviennes, tempête) avec le changement climatique était rarement évoquée parce qu’improuvable.

En comparant les historiques des températures de ces 30 dernières années, avec ceux des trente années précédentes, Hansen et ses collègues montrent que les températures extrêmes affectent désormais 10% des territoires contre 1% pour la période précédente. La preuve qu’apporte Hansen quant aux liens des phénomènes extrêmes avec le changement climatique est le suivant : il est normal qu’il y ait des étés plus chauds que d’autres, ou plus froid que d’autres. Mais il devrait y avoir autant d’anomalies froides, que d’anomalies chaudes. Or les d’anomalies chaudes deviennent beaucoup plus nombreuses, et beaucoup plus sévères que les anomalies froides. Dit autrement, le dé du climat est « plombé » par le réchauffement. « Ce n’est pas une théorie, c’est un fait », dit James Hansen.

Notez que l’étude en question, publiée par l’Académie des sciences américaines (National Academy of Sciences), a été réalisée avant la sécheresse américaine de cette année qui a ravagée le midwest américain et provoqué les terribles incendies de l’Oklahoma et du Colorado.

Hansen avoue qu’il avait été trop optimiste quand il avait averti le Sénat américain (c’était pendant l’été caniculaire de 1988) que de tels épisodes préfiguraient notre avenir climatique.


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