Manifestation antinucléaire

Durée de lecture : 5 minutes

11 octobre 2012 / par Villalard




MANIFESTATION A LAVAL
le 13 octobre 2012

Dans le monde entier, Fukushima a provoqué un électrochoc, rappelant cruellement que le nucléaire est
une technologie mortifère et incontrôlable.

Militaire ou civil, il provoque des dommages irréparables pour des milliers d’années. La catastrophe de Tchernobyl en 1986 a fait, selon un récent rapport de l’Académie des Sciences de New-York, un million de
morts. Celle de Fukushima en 2011 est toujours en cours, ses conséquences sont désastreuses pour la population et l’environnement.

La piscine du réacteur N°4 contenant plus de 1.500 barres de combustible usagé menace de s’éventrer et/ou de s’effondrer pouvant déclencher une nouvelle catastrophe d’une
ampleur difficile à imaginer.

Même en fonctionnement « régulier », toutes les installations nucléaires sont autorisées à rejeter des
particules radioactives qui portent gravement atteinte à la santé des travailleurs et des populations, même
très lointaines. Des rejets de Sellafield en Grande Bretagne ont été détectés au nord de la Norvège et les
rejets de La Hague contaminent bien au-delà de la Normandie.
Depuis l’extraction de l’uranium jusqu’aux déchets radioactifs, la pollution de l’air, des sols et des eaux est
omniprésente.

Suite à Fukushima, de nombreux pays ont rapidement réagi : la Suisse a décidé de sortir du nucléaire,
l’Allemagne et la Belgique ont accéléré leur plan de sortie du nucléaire, l’Italie a confirmé par référendum
qu’elle ne recourrait plus à cette énergie. Le Japon, sous la pression populaire, fait le choix de la sortie du
nucléaire. Sur le plan international, de nombreux projets de réacteurs ont été reportés ou annulés et les
commandes d’Areva sont au point mort.

En France, en amont de la conférence environnementale, de nombreux signaux de fort mauvais augure
se sont accumulés. François Hollande a appelé à accélérer les travaux de la mine d’uranium d’Imouraren
au Niger, tandis qu’Arnaud Montebourg et Delphine Batho, les ministres qui ont présidé la conférence
environnementale, ont rivalisé d’archaïsme en qualifiant le nucléaire d’« énergie d’avenir », « pas chère » [1],
« complémentaire avec les énergies renouvelables » et en affirmant que la France en avait "durablement
besoin"
.

Les discours, à la Conférence Environnementale, du Président de la République et de son Premier
Ministre n’ont en rien atténué ces mauvais signaux : il n’est toujours pas question de sortir du nucléaire et
l’objectif de Hollande de ramener la part de cette énergie à 50 % du mix énergétique n’entend pas être
remis en question, quand bien même sa mise en oeuvre apparaît hypothétique au vu des orientations
actuelles (maintien de l’EPR, fermeture de Fessenheim repoussée à fin 2016).

Pour le nucléaire comme
pour bien d’autres questions environnementales (telle la construction de l’aéroport de Notre-Dame des
Landes), le gouvernement semble appliquer la stratégie du rouleau compresseur, mettant tout le monde
devant le fait accompli.
L’avenir n’est pas l’EPR à Flamanville qui accumule les retards et donc les coûts (Le chantier va sur le
triplement de son budget initial), les malfaçons (les supports de la cuve du réacteur. Les systèmes de
commande du réacteur ont été remis en cause par le gendarme nucléaire britannique et même l’ASN...)

L’avenir n’est pas la ligne THT Cotentin-Maine construite avec une pression sur les élus, une
répression contre les opposants aux chantiers, des actions violentes des forces de l’ordre sur la population
et de nombreuses actions judiciaires. Et ce même si sa grande soeur ’’Flamanville-Domloup’’ a montré
toutes les nuisances de ces grandes lignes de distribution électriques.

L’avenir n’est pas ITER à Cadarache, laboratoire qui ne produira pas d’électricité mais va engloutir plus
de 15 milliards d’€. La filière ITER ne pourrait, si elle fonctionne et d’après les scientifiques les plus
optimistes, être opérationnelle que dans 150 ans !!!!

L’avenir n’est pas BURE et son centre d’enfouissement de déchets. Aucun expert sérieux ne peut
garantir que les colis radioactifs résisteront pendant des milliers d’années et que des éléments très
radioactifs ne remonteront pas à la surface. De plus, un récent rapport indique qu’il faudra ventiler de façon
permanente les galeries avec un risque immédiat de contamination radioactif.

L’avenir n’est pas la prorogation au-delà de 30 ans des réacteurs comme Fessenheim qui une
fois de plus vient de montrer des signes plus qu’importants d’usure irrémédiable. N’est-il pas stupide de
dépenser des milliards dans la rénovation de vieux réacteurs qui, de toute façon, sont condamnés à être
fermés !

L’avenir est la sortie du nucléaire, techniquement possible et créatrice d’emplois.
Grâce à un plan ambitieux d’économies d’énergie et au développement des énergies renouvelables, il est
tout à fait possible de sortir rapidement du nucléaire, sans revenir à la bougie.

C’est une question de
volonté politique.

En Allemagne, en dix ans, 370 000 emplois ont été créés dans les énergies renouvelables !
Pourquoi pas en France ?
Dès maintenant, Arrêtons :
Les chantiers du réacteur EPR de Flamanville et de la ligne THT Cotentin Maine,
La centrale de Fessenheim et les réacteurs qui ont atteint les 30 ans de fonctionnement,
La fabrication du combustible MOX et le « retraitement » des déchets à La Hague,
Les projets d’enfouissement de déchets radioactifs,
Le projet ITER, les projets de nouveaux réacteurs.

A LAVAL le 13 octobre, place de la Mairie, à 14h,

les citoyennes et citoyens se retrouveront pour demander en
priorité l’arrêt des chantiers de l’EPR de Flamanville et de la THT
Cotentin-Maine.

D’autres manifestations antinucléaires auront lieu le même jour à Lyon et Bordeaux.

......................................

Note

1- Le récent rapport de la Cour des Comptes précise que les investissements nécessaires pour la
sécurité des réacteurs actuels entraîneront une augmentation des tarifs de l’électricité de 50% ! Le
nucléaire militaire a déjà englouti 300 milliards d’€ et coûte 3,5 M€ par an !






Source : Sortir du nucléaire-Rennes

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