Manifestations au Canada contre le gaz de schiste

Durée de lecture : 3 minutes

19 octobre 2013 / La Presse

Au Nouveau Brunswick, à l’est du Canada, Autochtones et Acadiens s’opposent à l’exploration du gaz de schiste. La gendarmerie est intervenue pour démanteler une barricade et il y a eu des heurts. En solidarité, une manifestation a eu lieu à Montréal.


Environ deux cents personnes ont marché dans les rues de Montréal tard jeudi 17 octobre en signe de solidarité avec les manifestants du Nouveau-Brunswick, qui veulent empêcher une entreprise gazière d’effectuer des tests sismiques dans leur région.

De façon pacifique, ils ont parcouru la rue Sainte-Catherine, en plein coeur du centre-ville, jusqu’au parc de la Paix, théâtre de plusieurs rassemblements autochtones, près de l’angle du boulevard René-Lévesque et du boulevard Saint-Laurent.

« Nous sommes ici aujourd’hui en solidarité avec nos frères et soeurs qui se font battre par les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) », a expliqué l’un des organisateurs de la manifestation, Mateo Pekuakami.

« Encore une fois, le pouvoir militaire est au service des multinationales et non au service des peuples, souverains sur leur territoire. Ces terres leur appartiennent et les compagnies doivent [partir] », a poursuivi le jeune homme.

Vers 7h30, jeudi matin, la police néo-brunswickoise a commencé à faire respecter une injonction prononcée plus tôt ce mois-ci pour mettre fin au blocus visant à empêcher l’entreprise gazière SWN Resources d’effectuer des tests sismiques dans la région. Le blocus se tenait près de Rexton, à proximité de l’entrepôt où se trouve l’équipement d’exploration de l’entreprise.

Arrestations

La GRC a arrêté des dizaines de personnes qui manifestaient contre l’exploitation des gaz de schiste. Pendant l’opération, des cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l’ordre, cinq autopatrouilles ont été incendiées et un civil a tiré au moins un coup de feu.

« La GRC s’est appliquée à travailler avec toutes les parties impliquées, dans l’espoir de trouver une issue pacifique. Ces efforts n’ont pas réussi », a déclaré l’agente Jullie Rogers-Marsh, porte-parole de la GRC au Nouveau-Brunswick.

Au moins 40 manifestants ont été arrêtés pour des gestes liés à des armes à feu, de l’intimidation et des violations de l’entreprise. Les écoles des environs ont été fermées par mesure de précaution.

Les policiers ont commencé à faire respecter l’injonction après que des menaces eurent été proférées à l’endroit d’un garde de sécurité sur les lieux, la nuit précédente, a rapporté Mme Rogers-Marsh. Elle a refusé de commenter des informations selon lesquelles les policiers auraient utilisé des balles de caoutchouc.

La GRC avait bloqué la route 134 le 29 septembre, lorsqu’une manifestation a débordé sur la voie publique. Les manifestants ont ensuite coupé des arbres de chaque côté de la route, bloquant l’accès aux terrains de l’entreprise gazière.

Manifestation en Ontario

Des manifestants autochtones bloquaient la route 6 dans le sud de l’Ontario, entre les communautés de Hagersville et de Caledonia, rapporte la Police provinciale de l’Ontario. Le policier Mark Foster a précisé que de 30 à 40 personnes participaient à la manifestation. Selon l’agence de presse locale Turtle Island News, des membres de la communauté des Six Nations souhaitent ainsi démontrer leur solidarité avec les manifestants de la Première Nation elsipogtog, arrêtés plus tôt dans la journée lors d’une manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste dans l’est du Nouveau-Brunswick.


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Source et photo : La Presse.

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