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Merci la Terre


Préface du livre d’Alain Hervé, Merci la Terre :

Nous nous appelons les hommes

« Homme. C’est un être sentant, réfléchissant, pensant,
qui se promène librement sur la surface de la Terre, qui paraît
être à la tête de tous les autres animaux sur lesquels il domine,
qui vit en société, qui a inventé des sciences et des arts… »

Denis Diderot

« La philosophie est chose trop sérieuse pour qu’on la laisse
aux philosophes. »

Arthur Koestler

Nous sommes bipèdes, nous sommes mammifères, nous
n’avons ni ailes, ni nageoires, nous sommes plus de sept
milliards. Nous nous appelons les hommes.

Nous habitons une planète que nous appelons Terre, une planète
qui abrite un curieux phénomène : la vie.
Une planète que nous voyons de moins en moins, enfermés que
nous sommes dans nos appartements, nos villes, nos voitures,
notre univers aménagé par nos techniques.

Mais, de l’autre côté de la vitre de la maison humaine, la planète
est là, immense, silencieuse, obéissant aux forces gigantesques qui
régissent la matière dans l’univers. (Pensons au film Melancholia
de Lars von Trier…)

Nous avons l’impression d’être l’espèce vivante la plus évoluée. Nous avons tendance à croire que la planète nous appartient. Nous allons jusqu’à dire que la planète est en danger. La planète n’est pas en danger. C’est l’humanité qui s’est mise en danger.

Nous traitons toutes les autres espèces vivantes et la nature elle-même
comme si elles étaient notre propriété.

Mais nous sommes arrivés au point où, par notre inventivité, notre
industrie, par notre nombre, nous commençons de perturber le
fonctionnement de la nature et de la vie. Nous le mettons en péril.

Alors il faut regarder avec de nouveaux yeux. Non pas avec ceux
des premiers hommes, qui craignaient la nature, mais avec ceux
de notre époque, comme des hommes qui progressent dans
le domaine de la connaissance, mais doivent encore acquérir la
sagesse.

Il faut savoir qu’aucune structure démocratique, ni même politique
classique, ni même une dictature ne résistera au chaos
entraîné par un réchauffement climatique soudain, ou un accident
nucléaire de grande ampleur. L’un et l’autre sont possibles à très
court terme.

Nous devons admettre que nous entrons dans l’âge écologique,
que nous le voulions ou pas. Depuis quarante ans, il faut constater
que le seul progrès philosophique, moral, politique, social résulte
de la réflexion écologique. On cherche quel autre progrès se serait
produit.

Les vieilles étiquettes politiques – libérales, socialistes, de droite
ou de gauche ou des extrêmes – deviennent secondaires.

Nous sommes tous écologistes ou bien nous disparaîtrons.

Alain Hervé

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Merci la Terre, Alain Hervé, Sang de la Terre/Médial, 72 pages, 4,66€.


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