Mille unités de méthanisation : une industrialisation de l’agriculture néfaste aux éleveurs et à l’environnement

Durée de lecture : 2 minutes

19 avril 2013 / Confédération paysanne

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, vient d’annoncer un objectif de mille unités de méthanisation à l’horizon 2020 contre 90 aujourd’hui. Pour la Confédération paysanne, ce plan n’apportera pas la solution aux difficultés de l’élevage, mais seulement à quelque centaines d’éleveurs. Il porte surtout le risque de transformer en « énergiculteurs » ceux dont le métier est de produire des aliments.

Les revenus des éleveurs doivent être issus de leur travail. Le rôle de l’État est de veiller aux conditions d’une juste rémunération pour tous, pas de subventionner, de fait, l’élevage de quelques-uns par des activités annexes qui pourraient vite devenir principales !

Un tel plan risque de conduire à une restructuration entraînant une concentration
accrue de l’élevage. Loin de repenser le modèle agricole, ce plan favoriserait alors plutôt son industrialisation. Par extension, cela pose la question de l’avenir et de la transmission de ces exploitations.

Par ailleurs, c’est en y ajoutant des sources riches en carbone que le processus de méthanisation est le plus efficace. Cela se passe massivement en Allemagne qui incorpore plus d’un million d’hectares de maïs dans les digesteurs. Il faudrait donc un encadrement strict pour empêcher le détournement de cultures alimentaires vers des cultures énergétiques, encadrement aujourd’hui inexistant.

Enfin, la grande taille de certaines unités de méthanisation pose des problèmes de concentration d’effluents qu’il faut transporter et retraiter. Sur ce sujet, il est indispensable de prendre en considération toutes les questions environnementales.

L’usage d’unités de méthanisation pour traiter les déchets d’un élevage ou dans le cadre d’un projet collectif balisé du point de vue de la taille, de la méthode, et de l’usage, n’est pas en soi problématique. Mais ce plan de démultiplication risque surtout de coduire à la création d’une véritable économie parallèle à ’élevage. Loin d’apporter des solutions aux difficultés des leveurs, ce plan met d’autant plus en danger ceux qui en seront exclus.




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Source : Confédération paysanne

Photo : Du champ à la table

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