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Nos pas peuvent créer de l’électricité grâce aux « planchers intelligents »

Durée de lecture : 4 minutes

30 octobre 2013 / Bulletins électroniques

Un sol qui créerait de l’électricité par la seule force des gens qui le foulent : de la science-fiction ? Non. Cela existe bel et bien ! Une société anglaise développe le concept et a déjà commencé des essais, notamment dans une école primaire.


Alors que le concept de smart-cities se développe de plus en plus dans les pays développés, notamment au Royaume-Uni avec l’ouverture d’un nouveau Future Cities Catapult Centre [1], l’école primaire Simon Langton Grammar, dans le Kent, est devenue début septembre la nouvelle plateforme de test pour un plancher intelligent, constitué de « Pavegen tiles », qui convertissent et stockent l’énergie des pas des élèves.

La compagnie Pavegen, fondée en 2009 par Laurence Kemball-Cook, tout juste titulaire d’un diplôme d’ingénieur en dessin industriel de l’Université de Loughborough, a développé ce « carrelage » intelligent, qui permet de récupérer de l’électricité grâce à l’énergie cinétique de la marche à pieds, produisant environ 4 W par pas.

Ces carreaux, dont la surface extérieure est constituée à 100% de caoutchouc recyclé (notamment issu de pneus de camions), et dont la base contient 80% de matériaux recyclés également, contiennent des coussinets de pression permettant de convertir l’énergie des pas en électricité. Les 24 carreaux installés dans l’école Simon Langton devraient permettre de produire suffisamment d’électricité pour alimenter des LED le long des couloirs de l’école, ainsi que plusieurs points de recharge pour les téléphones portables.

L’installation des Pavegen tiles dans l’école est la phase d’essais la plus récente de l’entreprise de Kemball-Cook, après avoir fait des tests à plusieurs endroits, tels que la station de West Ham, dans l’Est londonien [2], lors des Jeux Olympiques. Les 12 carreaux installés à l’entrée de la station ont permis de générer l’électricité nécessaire à alimenter tout l’éclairage nocturne de la station durant les Jeux.

D’autres projets de démonstration lors des précédentes années incluent une piste de danse lors du Festival de l’île de Wight, qui a permis de charger près d’un millier de téléphones portables, un concert à Singapour lors duquel les carreaux ont généré l’électricité permettant de faire fonctionner un écran géant projetant les tweets des participants, mais également le marathon de Paris avec 176 carreaux installés près de la ligne d’arrivée sur les Champs Elysées.

En plus de générer de l’électricité, ce plancher « intelligent » enregistre toutes les données reçues au cours de la journée (électricité produite, localisation des carreaux les plus « utilisés », nombre de pas, etc.), et les transmet par wifi à un ordinateur central. Ces informations sont ensuite accessibles par internet, et il est alors possible d’observer en temps réel les performances de chacun des carreaux installés.

D’après Laurence Kemball-Cook, ces informations pourraient être extrêmement utiles, par exemple pour les commerces, en permettant aux magasins d’observer les zones les plus fréquentées par les consommateurs, et de voir quels rayons sont les plus chargés selon les différentes heures de la journée. Ces données pourraient également avoir des applications pour des systèmes de sécurité, ou de contrôle de températures dans les différentes pièces d’un bâtiment par exemple.

Ce « plancher intelligent » pourrait ainsi se révéler un outil puissant dans le développement des villes intelligentes, en permettant d’adapter au mieux les consommations énergétiques, tout en générant de l’électricité.

Cependant, dans un contexte où l’accès aux données sur les individus est de plus en plus controversé, la question de l’utilisation de ces informations pourrait froisser les plus sceptiques. On peut toutefois imaginer le potentiel d’une telle technologie : dans les salles de concert, dans les métros ou gares, sur les pistes de sport, l’énergie potentiellement récupérable pourrait permettre de diminuer grandement la consommation d’électricité pour les appareils n’étant pas connectés au réseau électrique (chargeurs de téléphone, éclairages privés et publics, etc.).

Une invention à suivre, notamment dans l’optique de réduction des coûts que s’est fixée la compagnie Pavegen, en annonçant comme objectif de rendre ces planchers accessibles à tous.


Notes

[1] Voir l’article « Lancement du Catapult Centre sur les smart cities », Science & Technologie au Royaume-Uni n°69

[2] La station de West Ham est située à une vingtaine de minutes à pied du Stade Olympique, et était empruntée chaque jour, lors des Jeux Olympiques, par plusieurs dizaines de milliers de passagers


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Source : Bulletins électroniques

Image : Pavegen

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