OGM : l’EFSA est de mauvaise foi, affirme le Criigen

Durée de lecture : 2 minutes

7 novembre 2012 / Criigen


Réponse au communiqué de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) paru le 22 octobre 2012.

Nous déplorons une fois de plus la mauvaise foi de l’EFSA.
Après avoir fait paraitre un pré rapport virulent à notre encontre signé par M.
Andrew Chesson, celui-là même qui signa en 2003 l’acceptation du
NK603
et qui participa largement à l’éviction d’un grand scientifique,
Arpad
Pusztai, qui avait osé publier une étude mettant en cause une patate
transgénique, l’EFSA continue sur la même voie, déplorant le refus du
Pr Séralini de fournir des « compléments d’information ». Madame la
Directrice de l’EFSA aurait-elle perdu la mémoire ?

En effet, lors de
notre rencontre avec Madame Geslain-Laneéelle le jeudi 20 septembre
dernier à Bruxelles, nous avons précisé que nous réclamions une
expertise contradictoire et que nous étions prêts à mettre sur un site, libre
d’accès pour tous, nos données brutes à la condition que l’EFSA
fasse de même sur les données toxicologiques ayant permis l’autorisation en
Europe du maïs NK603, de l’herbicide qui lui est associé, le Roundup,
ainsi que de son « principe actif », le glyphosate, et qui sont
toujours considérés comme des « secrets industriels ».

Précisons que nos données et notre étude n’ont pas eu pour objectif la mise sur le marché
européen de produits potentiellement toxiques pour la population et pour l’environnement, mais au contraire de les évaluer pour éviter de catastrophes sanitaires.

Très récemment, lundi 22 octobre 2012, nous
avons reçu de l’EFSA un courrier de Monsieur Dirk Detken (Legal and
Regulatory Affairs Unit) contenant les codes confidentiels pour
pouvoir consulter les documents nécessaires à une étude contradictoire.

Malheureusement, force est de constater que ces documents ne sont pas
libres d’accès et, qui plus est, à notre grande surprise, ne
contenaient
pas à la date d’hier les données brutes des études toxicologiques
ayant
permis l’acceptation en Europe du NK603, du Roundup et du Glyphosate.

De
qui se moque-t-on ?

Plus fort encore, l’EFSA précise : « le rejet de
l’étude du Professeur Séralini et coauteurs pourrait conduire la
Commission européenne à autoriser la culture de 7 OGM et la
commercialisation d’une cinquantaine d’autres »
.

Nous croyons marcher
sur la tête, car n’oublions pas que 98% des OGM agricoles cultivés
sur
la planète sont des plantes produisant ou contenant des pesticides et
que le Sénat français vient de faire paraitre un rapport accablant
sur
l’impact des pesticides sur la santé !

Nous réitérons donc notre
demande
de transparence sur toutes les données toxicologiques qui ont permis
l’acceptation des OGM et pesticides en Europe et nous sommes en cela
soutenus par plus de 130 associations.



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Source : Courriel à Reporterre du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique).

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