Opération sauvegarde des framboisiers !

6 février 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Dans le silence, on écoute le rouge-gorge. Et puis le temps était idéal : on a aménagé un coin du jardin afin d’y placer les framboisiers, gênés par les thuyas.

Avec une météo qui annonçait plus 15 millimètres de pluie pour samedi, j’ai pris les devants et enfourché ma bicyclette vendredi matin, dès la rentrée des classes passée. Les travailleurs se pressaient gare d’Austerlitz. Aussi, accompagnée de ma petite reine, je me suis faite discrète.

J’ai traversé le centre équestre déserté en ce jour de semaine. Et goûté le silence des hommes qui éclaircit les chants d’oiseaux. Parmi eux, je reconnais maintenant le rouge-gorge. Je l’écoute, le cherche des yeux et l’aperçois en haut d’un chêne.

J’aime, en arrivant, faire le tour du potager. Il est morne en cette saison et pourtant on peut y découvrir chaque fois des nouveautés. Cette semaine, c’est le gel qui a laissé sa marque. Il a cassé les fibres des bourraches, qui gisent maintenant au sol et dont le pourrissement attire la petite faune du sol réveillée par le redoux.

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Le framboisier (Rubus idaeus).

La journée est idéale pour remuer la terre sans faire trop de dégât. J’entreprends de dégager la clôture orientée sud-est pour y replanter les framboisiers, qui végètent, sans doute gênés par la proximité des thuyas. La terre y est telle que nous l’avions trouvée il y a bientôt trois ans. Pas ou peu de matière organique mais, en surface, un entrelacs de tiges et racines de lierre et de ronce, d’où émergent avec peine des herbacées, parmi lesquelles je repère le chiendent et des petites pousses tendres de pissenlits et de laiterons qui se mélangeront très bien aux salades d’hiver (mâche, scarole, chicorées...) du jardin.

La ronce qui veille de l’autre côté de la grille

Les vers de terre abondent, sans doute attirés par les racines de ces herbes spontanées dont la forme varie d’une plante à l’autre. Certaines sont de véritables chevelures, propices à l’aération du sol. Une terre grumeleuse s’échappe de ces tignasses plus ou moins épaisses de filaments blancs, beiges ou noirs. Une heure et demie après, j’ai rempli la brouette et je regarde la plate-bande dénudée... Je crains soudain les conséquences fâcheuses de mon ménage ! Je ne peux pas laisser la terre comme cela, mais notre stock de carton est épuisé. J’en récupère de vieux morceaux – avec le temps, leur différentes couches ont tendance à se dissocier – et les plaque au sol avec des branchages jusqu’à la semaine prochaine. J’y ajouterai un peu de compost et j’offrirai ce nouveau gite aux framboisiers. Seront-ils mieux ? Je l’espère. Car la ronce qui veille de l’autre côté de la grille n’est pas bonne compagne des framboisiers...




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : Christine Laurent/Reporterre
. Framboisier : Wikipedia (domaine public)

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