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Tribune —

Paix ou guerre


Le 1 mars, des avions occidentaux ont tué neuf enfants en Afghanistan. Le 14 mars, des avions occidentaux ont tué deux enfants en Afghanistan. Le 14 mars, les forces de sécurité de Bahrein – avec le soutien muet de soldats saoudiens – ont réprimé la rébellion populaire. Le 18 mars, le dictateur du Yemen a fait tirer sur son peuple révolté, tuant 52 personnes.

Aucun avion occidental n’intervient pour protéger les civils au Yemen et à Bahrein.

Par quel étrange mystère les chancelleries occidentales n’ont-elles pas vu en 2007 que M. Kadhafi était un dictateur ? Il venait parader à Paris et signait avec M. Sarkozy un « accord-cadre de partenariat global ». Certes, on savait qu’en Libye, « le traitement réservé aux migrants est particulièrement rude », comme l’a noté un rapport parlementaire du 16 décembre 2009 ; il n’en a paru que plus utile de « développer une coopération en matière de sécurité » avec la Libye comprenant, parmi dix autres exemples, « la constitution d’une unité de même type que le RAID ».

La « protection des populations civiles » de Libye, qui justifie l’entrée en guerre de la France, sans débat au Parlement, a bon dos. L’Occident ne dit rien de ce qui concerne la zone d’influence de l’Arabie saoudite, parce que l’Arabie saoudite détient les clés du pétrole. Et l’Occident prépare le renversement de M. Kadhafi, parce qu’on le juge assez fragile pour que le pétrole libyen passe en des mains plus compréhensives – qui n’auront pas l’idée, par exemple, de contracter avec des compagnies chinoises ou indiennes plutôt qu’européennes.

Je lis le « Memorandum d’entente sur la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire entre la France et la Grande Jamahiriya libyenne populaire socialiste » signé le 25 juillet 2007 (1). On y prévoit d’ « œuvrer conjointement en vue de la réalisation de projets de production d’énergie nucléaire et de dessalement de l’eau ».

Nous sommes donc dirigés par des gens prêts à vendre des réacteurs nucléaires à des gouvernements que, quatre ans plus tard, ils découvriront insupportables. Qui clament urbi et orbi qu’un accident nucléaire grave est impossible. Qui font comme si le pétrole coulera toujours de source.

Ne voient-ils pas les signes de l’avenir ? Oh, sans doute, si, autant que nous. Mais ce que nous apprennent, intervenant la même semaine, Fukushima et la Libye, le drame nucléaire et la guerre pétrolière, c’est que plutôt que d’affronter le changement de l’écologie et de la justice, les capitalistes préfèrent la catastrophe et la guerre.

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Note :

(1) Le mémorandum signé avec la Libye :


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