Plutôt que de soutenir les industries du passé, Montebourg devrait faire du vélo‏

Durée de lecture : 4 minutes

7 juin 2013 / CarFree

L’Etat français s’obstine à soutenir l’industrie automobile défaillante et ses fantasmes électriques. Pendant ce temps, on vend beaucoup plus de vélos... importés. Elle est où, l’industrie de l’avenir, à votre avis ?


M. Montebourg : combien de vélos pour combien de voitures ?

Mardi 28 mai 2013. La ministre de l’écologie, Delphine Batho, convoque les partenaires sociaux pour un plan vélo mais n’y participe pas. Agenda trop chargé dira-t-on mais alors pourquoi avoir choisi cette date si on ne peut être là ? Sans doute que le vélo, c’est bien d’en parler mais d’agir en son sens, bof, laissons ça aux fonctionnaires sous les ordres.

Même jour : Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg se pavane avec le patron de Renault pour (encore) faire la promotion d’un truc qui ne marche pas : la voiture électrique !

5 000 !!!!

C’est le chiffre du jour. On a vendu 5 000 voitures électriques au cours des 4 derniers mois dont 80% « fabriquées » en France.

Mais combien de vélos pendant la même période. Je n’ai pas les chiffres, mais c’est bien plus que ça. Sauf que, le vélo, on s’en fout. Arnaud, lui, c’est la bagnole qui l’intéresse.

Soutenons ce qui meurt

Tout le monde sait que la voiture électrique bute sur des problèmes techniques immenses et pour ne parler que d’un : l’électricité. On sait bien que c’est impossible de fournir les voitures en plus de ce qu’on consomme déjà. Mais on oublie ce détail. Alors, on préfère soutenir un truc qui meurt et on promet monts et merveilles :

Invité à l’usine Renault de Flins, où est fabriquée notamment la voiture électrique Zoé, le ministre a souligné que « 85 % des Français font moins de 65 kilomètres par jour » et « peuvent donc se contenter d’une bonne Zoé et d’une bonne prise ».
Le gouvernement veut « tenir l’objectif de 8 000 prises de recharge d’ici la fin 2013" et « en dix mois nous avons triplé le nombre de prises de recharge ouvertes au public ».

« Nous faisons confiance aux acteurs publics et aux acteurs privés ».

L’État réfléchirait à la création « d’un opérateur dans les infrastructures de recharge », capable de gérer un maillage territorial.

« Plutôt qu’un opérateur national de grande envergure, nous avons fait le choix de procéder par appels d’offres (…) pour aider les collectivités locales à financer les installations de prises au bon endroit. »

Dépensons. Gaspillons l’argent. Après tout, pourquoi s’en priver ? Ce n’est pas le leur, c’est le nôtre. Cela n’empêche pas les usines de fermer mais ça fait plaisir à l’ami Carlos Ghosn.

Laissons les autres nous tailler des croupières dans ce qui marche

Les vélos se vendent comme des petits pains un peu partout. En France, nous avons du retard, mais il est en plein essor. Mais le soutien est tellement faible que les usines de vélos françaises sont en bien mauvais état. Et quand elles s’en sortent, c’est parce que ce sont des chaines de supermarchés qui les rachètent.

Alors, pendant que le ministre du redressement productif claironne pour des produits qui se vendent peu, ce sont donc les pays étrangers qui se taillent la part du loup dans un marché qui grossit, parce que l’Etat français est aveugle. Nous retrouvons donc pour la livraison de pièces détachées des Allemands avec des catalogues, des prix et des stocks tellement gigantesques qu’aucun grossiste français ne rivalise. Pour les vélos, le Français aura donc le choix de la qualité parmi des marques étrangères.

Un jour, peut-être, on découvrira que le vélo est là et que nous n’avons aucune usine en France digne d’alimenter le marché, aucun groupe d’envergure européen. Un jour, nous nous réveillerons complétement dépendant des autres et on se dira « pourquoi ? ».

Un jour, peut-être comprendra t-on que pour ré-industrialiser la France, il faudrait la porter dans les secteurs qui marchent et ne pas l’entrainer dans le tout-voiture et le tout-nucléaire voué à l’échec. Un jour, cela arrivera peut-être mais pour cela, il faudrait qu’Arnaud Montebourg ne soit plus là et que Delphine Batho assiste aux réunions qu’elle provoque.




Source et photo : CarFree

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