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Pour la biodiversité, adoptons les bonnes vieilles méthodes agricoles, propose l’ONU

Pour préserver la biodiversité, il faut redécouvrir des modes d’agriculture ancestraux plus respectueux de l’environnement. C’est ce qu’affirme l’IPBES, organisme de l’ONU chargé de prévenir l’extinction des espèces.


L’Organisation des Nations Unies a récemment formé sur le modèle du GIEC (Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la « Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques » (IPBES), un groupe de cent quinze pays qui doit tenter de faire baisser le rythme de l’extinction des espèces dont la croissance est exponentielle (cent à mille fois plus rapide que le taux naturel d’extinction).

Durant des réunions en Turquie qui se terminent le 14 décembre, le groupe a découvert une stratégie dont il espère beaucoup, pour protéger la biodiversité : le retour aux systèmes traditionnels de l’agriculture et de la gestion des terres.

Zakri Abdul Hamid, président et fondateur de l’IPBES, a déclaré à l’agence Reuters, que « le savoir vernaculaire joue un rôle clé dans le ralentissement de la perte de biodiversité. »

L’ancienne pratique chinoise de l’élevage de poissons dans les rizières est un exemple de ce que le groupe espère ressusciter : ajouter des poissons à un paddy permet de gérer les insectes nuisibles sans l’utilisation de pesticides, fournit un engrais naturel pour les cultures, nourrit les oiseaux et autres animaux sauvages, et produit un approvisionnement durable en protéine pour les familles de riziculteurs.

D’après un rapport de l’IPBES (The Contribution of Indigenous and Local Knowledge Systems to IPBES : Building Synergies with Science), "la présence des poissons réduit de 68 % le besoin de pesticides et de 24% les engrais chimiques par rapport à la monoculture". En plus, les pesticides tuent souvent beaucoup plus d’espèces que celles ciblées…

D’autres exemples cités par le groupe comprennent des restrictions de pêche imposées par les communautés insulaires du Pacifique et les rotations de cultures traditionnelles pratiquées partout, de la Tanzanie à la Thaïlande.

Dans certains pays comme l’Australie, l’Indonésie, le Japon et le Venezuela, le brûlis contrôlé de petites parcelles de campagne peut créer une mosaïque pare-feu qui empêcherait la propagation des incendies dévastateurs pendant la saison sèche, et permettrait à la faune de se sauver plus facilement.

En Australie, ce genre de protection qui ralentit le déboisement, cause d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine génère des crédits carbone pour les Aborigènes.

Parmi les efforts visant à ralentir l’extinction, on trouve aussi la création de zones protégées et une application réelle des lois sur la protection de la faune.

D’autres exemples de savoirs traditionnels comprennent des fosses creusées à flanc de coteaux en Tanzanie pour recueillir les précipitations de la saison des pluies et limiter l’érosion, ou des observations météorologiques faites par les Inuits dans l’Arctique afin de compléter les données satellitaires sur la fonte des glaces.

Anne Larigauderie, prochaine Secrétaire exécutive de l’IPBES, remarque que les peuples autochtones se sentent souvent ignorés par les planificateurs du gouvernement. "Il y a un grand besoin de reconnaissance et d’acceptation de leurs connaissances. »

Quelle découverte !

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