Pour sortir de la bataille de Notre Dame des Landes, une solution de bon sens : un aéroport Nantes-Angers

Durée de lecture : 3 minutes

15 mars 2014 / Bernard Vit

Un aéroport Nantes-Angers pourrait être une alternative au projet de Notre Dame des Landes. Le gain écologique et économique serait certain. Pour parvenir à cette solution honorable pour tous et utile collectivement, il y a une condition : la volonté de coopérer des deux grandes villes des Pays de Loire.


Des dizaines de milliers de citoyens venus de toute la France manifestaient samedi 22 février dans les rues de Nantes pour s’opposer au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Le dernier épisode en date d’un conflit qui dure depuis des années et dont l’issue, au vu de la détermination des deux camps, reste incertaine.

Les arguments des uns et des autres sont connus. Mais la différence d’appréciation de l’impact du projet d’aéroport sur l’environnement est telle que rien n’est négociable. C’est l’impasse.

Si les événements climatiques qui ont frappé la Loire Atlantique en ce début d’année sont un avant-goût de ce qui nous attend avec le changement climatique, leurs effets conjugués avec ceux de l’imperméabilisation des sols à Notre Dame des Landes, feront au mieux exploser le coût des travaux d’« hydraulique » dans un milieu qui a révélé toute sa fragilité. Et au pire…

L’autre sujet de « discorde » est la question de l’utilité ou non de ce « déménagement ».

Sur ce point les opposants pourraient peut-être concéder aux politiques soucieux de développement économique le droit de faire un pari sur une croissance du trafic aérien. Il serait donc pertinent de prévoir un « plan B » au cas où…

Angers Marcé, un aérodrome qui ne décolle pas

La piste de 1 800 m de l’aéroport d’Angers Marcé est trop courte pour qu’il puisse « décoller ». Là est bien bien le problème d’un aéroport jouissant par ailleurs d’atouts remarquables : à deux minutes d’un réseau de trois autoroutes bien dégagées, à vingt minutes d’Angers et de sa gare TGV, dans une zone peu urbanisée, et cerise sur la gâteau : un musée aéronautique, le second de France et aux portes du « Jardin de la France ».

Faute d’un trafic suffisant, il est une lourde charge pour les collectivités. Il a bien été question de rallonger la piste de quelques centaines de mètres pour ouvrir l’accès aux avions des familles A 320 et Boeing 337 et leur capacité de 250 places.

Si l’idée n’a pas eu de suite, c’est sans doute pour la raison que « des avions comme cela pour quoi faire ? »

Il y a bien l’agglo de Nantes à une heure d’Angers Marcé par TGV+navette, et à 1 H 20 par l’autoroute. A la porte quoi… Mais voilà, chasser sur les terres des Nantais serait pour les voyagistes angevins et sarthois, beaucoup d’audace, de moyens et de temps sans garantie de réussite.

Le plan B : un aéroport Nantes Angers

Et maintenant, imaginons : l’aéroport Nantes Angers se forme la volonté de deux grandes villes des Pays de la loire, qui au lieu de mettre en compétition leurs opéras respectifs décident de mettre leurs forces en commun à travers un syndicat mixte. Resultat : changement d’échelle !

La "méthode" consisterait dans le transfert sur l’aéroport d’Angers des « vols » moyens courriers, par exemple à destination de l’Europe et du Maghreb, charters en particulier, qui ne nécessitent pas d’infrastructures aéroportuaires importantes.

Nantes pourrait développer pour son aéroport "le transcontinental". Quant à Angers, avec sa nouvelle dimension son aéroport, à 2 heures de Paris Montparnasse, il risque d’être attractif pour les franciliens...

La paix reviendrait sur le bocage et la coopération créerait la prospérité pour Nantes et Angers.



Source : Courriel à Reporterre

Photo : Ouest France

Lire aussi : Il y a trop d’aéroports en France, jugent les professionnels de l’aérien.

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