Près de 50 % des cours d’eau sont artificialisés

Durée de lecture : 3 minutes

12 décembre 2011 / Frapna



Une des principales causes du mauvais état des rivières du bassin Rhône-Méditerranée : les barrages, digues et autres aménagements.


L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse a publié le 6 décembre dernier son rapport annuel de 2010 sur la qualité des eaux. Résultat : 49 % des rivières des bassins Rhône-Méditerranée et Corse affichent un mauvais état écologique. L’une des deux principales causes affichées : les altérations physiques des rivières (modification du débit, seuils et barrages, endiguement…).

En effet, parmi les rivières en mauvais état écologique, les 2/3 ont subi de graves déformations physiques. Les seuils ou les barrages en travers des rivières bloquent la circulation des poissons et des sédiments, provoquant des dégénérescences et des disparitions de poissons. Les digues limitent les zones d’expansion des crues diminuant les possibilités de reproduction de certaines espèces. Toutes ces transformations compromettent la capacité de la vie à reprendre après une sécheresse ou une pollution.

La qualité physique d’un cours d’eau est donc primordiale pour sa bonne santé et celle de ses habitants.

Pour évoquer l’état physique des cours d’eau on parle d’hydromorphologie. Quel drôle de mot pour un décideur ! Et pourtant il est essentiel de l’énoncer dans l’objectif de bon état des eaux fixé en 2015 imposé par la Directive Cadre eau. Que seront nos cours d’eau demain et tous les services qu’ils nous rendent ? Avoir des rivières en bonne santé, c’est contribuer à l’épuration de l’eau et à la protection des nappes souterraines (véritables réserves d’eau potable). Enfin, c’est la garantie de préserver la biodiversité aquatique et ainsi un monde accueillant pour l’Homme de façon pérenne (réserves de gènes, espèces sentinelles et parapluies,…).

Il est grand temps que les décideurs s’entourent de personnes compétentes pour traiter ce vrai problème environnemental de notre société. Une rivière, ce n’est pas de l’eau dans un tuyau !

La FRAPNA milite depuis son existence pour défendre les cours d’eau vivants. Aujourd’hui, elle n’est plus seule à le dire comme le prouve cet extrait du rapport 2010 de l’Agence : « La suppression ou l’aménagement de seuils dans les rivières pour libérer la circulation de la vie aquatique, le reméandrage de cours d’eau, la renaturation des bords de cours d’eau et d’anciens bras morts sont des priorités pour que les rivières redeviennent des milieux de vie de qualité pour les poissons. » Pour la FRAPNA, les autres espèces faunistiques (batraciens, mammifères, invertébrés, oiseaux) et floristiques sont aussi à prendre en considération dans cet objectif.

La FRAPNA va s’impliquer d’avantage en 2012 pour porter à connaissance cet enjeu encore trop méconnu de nos élus, notamment à travers un guide de vulgarisation et un recueil d’expériences positives sur la gestion des cours d’eau en milieu urbain.






Source : Communiqué de presse de la Frapna

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