Quand Strauss-Kahn faisait du lobbying pour EDF

4 juillet 2011 / Hervé Kempf


Un des pionniers modernes du trafic d’influence est Dominique Strauss-Kahn, directeur en 2010 du Fonds monétaire international. Il était en 1991-1992 ministre français de l’industrie. Revenu à la vie civile, il se transforme en consultant offrant ses services bien rémunérés aux grandes entreprises dont il était précédemment le ministre de tutelle. Il mène ainsi, entre autres, une efficace action de lobbying contre le projet de taxe sur l’énergie discutée en 1993 à Bruxelles pour lutter contre le changement climatique.

La confusion des genres atteint son summum avec son contrat pour Électricité de France (EDF). Celle-ci voulait développer un nouveau type de réacteur dit EPR, avec l’Allemagne, mais s’inquiétait de la position du SPD, le Parti social-démocrate, dans un pays où les écologistes étaient influents. Strauss-Kahn mena donc plusieurs missions en Allemagne, afin de convaincre ses collègues du SPD des bienfaits du nucléaire. Mais il se présentait sous sa casquette de membre du Parti socialiste, sans indiquer qu’il travaillait en fait pour EDF (1).

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Note :

(1) Giret, Vincent, & Le Billon, Véronique, Les vies cachées de DSK, Seuil, 2000, p. 138 et p. 146 sq.



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Source : Kempf, Hervé, L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie (Seuil, 2011), p. 59.

Première mise en ligne sur Reporterre le 15 mai 2011.

Lire aussi : L’oligarchie a choisi Strauss-Kahn. Et nous ?



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